Un an, jour pour jour, le Parlement reprend ses activités.
Le 11 janvier 2015 la Chambre des députés et un tiers du Sénat partaient, faute d’accord politique. Le 11 janvier 2016 la Chambre des députés et deux tiers du Sénat reprennent place au Bicentenaire.
Il y a presque autant de spéculations sur leur retour qu’il y avait de questions l’an dernier sur l’avenir des parlementaires.
Il n’y a toujours pas d’accord politique pour asseoir la légitimité de cette 50e législature sortie des cuisses du CEP d’Opont qu’il n’y en avait pour offrir une bouffée d’oxygène pour allonger illégalement la vie de la 49e.
En un an, nous ne nous sommes pas améliorés. La politique est toujours celle du pire et le bien commun d’abord une affaire personnelle.
L’opposition et la majorité présidentielle ne peuvent toujours pas définir les contours du terrain ni les règles du jeu. Mais les élections ont eu lieu. « Malement ». Mais réellement.
Dans un article publié dans cette édition « Ils ont cassé le jouet » signé de Bernard Gousse, ancien ministre de la Justice et ancien premier ministre désigné par le président Michel Martelly, ce professeur d’université fait un bilan de la dernière législature, « la plus indécente de notre histoire », selon lui.
Cette législature, la 49e, avait « conçu sa mission comme étant celle de bloquer systématiquement et par principe l’action du gouvernement pour ôter à ce dernier tout motif de réussite ». Elle fut aussi inefficiente, selon Me Gousse, et il avance des chiffres :
« Pour l’année fiscale 2011-2012, le budget du Parlement (salaires des parlementaires, du personnel, frais de fonctionnement, allocations de toutes sortes) s’est élevé à US $41 498 347, pour 6 lois votées. Chaque loi a donc coûté à la nation US $6 916 391…. Pour 2012-2013 (le budget du Parlement) a été de US $57 261 017. Trop affairés à les dépenser, ils n’ont voté que 7 lois, soit US $8 180 145 par loi. Une loi de plus ! Un tel progrès fut récompensé pour l’exercice 2013-2014 d’un budget engloutissant US $59 079 245. Indisposés par l’indigestion, ils ne votèrent que 4 lois, chacune d’entre elles coûtant au pays la scandaleuse somme de US $14 769 811. »
Mais Gousse n’est pas tendre non plus avec la présidence. Selon lui, « nous sortons de cinq ans de destruction systématique de la démocratie et de ses institutions ». Avant de poursuivre plus loin que « les beaux et nobles projets animés par des ministres parfois compétents ont été phagocytés par une camarilla de mignons dont la proximité familiale ou amicale avec le sommet leur donnait droit au haut du pavé. À la remémoration des bourdes et scandales, des fortunes spontanées et des contrats mirifiques dont les tenants apparents et occultes du pouvoir s’attachaient eux-mêmes les boulets aux pieds…»
Si ce 11 janvier n’était pas la veille du 12 janvier, on se dirait pour dormir en paix que demain sera meilleur. Qu’une aube nouvelle apporte toujours des espérances neuves, mais voilà, six ans après le 12 janvier, nous n’avançons toujours pas dans la bonne direction. Ni dans la construction de nos maisons, ni dans celle de nos institutions. Et nous ne savons toujours pas si c'est la somme de nos faiblesses personnelles qui entraîne vers la déchéance la société dans laquelle nous vivons ou si c’est la société qui impose l’échec comme modèle aux citoyens que nous sommes de moins en moins.
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