Bon gré mal gré, le Parlement est ressuscité. Une bonne nouvelle pour certains, une surprise pour d’autres. En dehors des considérations d’ordre politique, un fait est certain, l’administration Martelly/Paul a maintenant un vis-à-vis. Fini le temps d’engager l’avenir du pays à partir de décrets reflétant la volonté d’un homme! Malgré les méfiances « légitimes et fondées » envers le Parlement, malgré la mauvaise presse qu'ont certains des nouveaux parlementaires, les yeux sont rivés sur le pouvoir législatif pour faire bouger la crise.
Très souvent décriés, les parlementaires ont, pour une fois, l’occasion de faire taire leurs détracteurs. Ils ont le choix entre s’allier avec le CEP de Pierre-Louis Opont, l’exécutif et les diplomates qui les soutiennent dans leur projet d’élection à candidat unique ou se mettre à côté de ceux qui exigent une vraie évaluation du processus électoral. Demander aux parlementaires de se mettre en face du CEP de Pierre-Louis Opont et alliés n’est-il pas un paradoxe ? Considérant les conditions dans lesquelles la plupart des parlementaires ont été élus, la montagne ne risque-t-elle pas d’accoucher d’une souris ? Etant une assemblée politique, le Parlement peut nous surprendre. Attendons voir.
En attendant que le Parlement entre en jeu, le Conseil électoral provisoire avance à toute allure vers la journée électorale du 24 janvier prochain. Malgré le refus de Jude Célestin de participer au scrutin, malgré l’indifférence de la population au processus, les conseillers électoraux multiplient les annonces et adoptent des mesures pour, disent-ils, le bon déroulement des élections du 24 janvier. Ils promettent de faire mieux que le 9 août et le 25 octobre derniers. Pourquoi tant de gaspillage d’énergie pour des élections sans enjeux? Le CEP n’a pas besoin de se faire du souci. Tout porte à croire que le scrutin se déroulera dans le meilleur des mondes. Même pour la proclamation des résultats, il n’y aura aucune raison de garder le suspens. On pourra pour une fois proclamer les résultats le jour même du scrutin puisque le gagnant est connu d’avance. Sauf si le Parlement arrive à faire entendre raison au CEP. Jusqu’ici la communauté internationale, soucieuse du respect des délais constitutionnels, se met aux côtés du CEP et de l’exécutif. Ce support suffira-t-il à légitimer une élection à candidat unique ?
Faute du support de l'international pour éviter l'inacceptable, on se tourne vers le Parlement.
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