Ce n’est pas une surprise. Ni une nouvelle. Le dollar américain vaut ce mercredi 60 de nos gourdes. La devise américaine continue de jouer à « attrape-moi si tu peux » avec nos adoken. Les raisons de la dépréciation accélérée de notre monnaie ne sont pas non plus un secret. Peu de production, beaucoup d’importations. Beaucoup de dépenses, peu d’entrées. Tout le reste est du ressort de la littérature économique qui ne fait ni chaud ni froid à qui que ce soit dans ce pays où l’économique et le social sont les parents pauvres de l’attention médiatique. Bien entendu, il y a les causes politiques. Le gouvernement sur le départ gouverne de moins en moins et se soucie difficilement de la suite qui n’appartiendra pas à son bilan. Chez les ménages, c’est la situation inverse, l’incertitude face à l’avenir est mauvaise conseillère. On préfère garder pour demain ce que l’on possède encore aujourd’hui. 60 gourdes pour un dollar, cela vous tire sans doute un soupir, car vous convertissez la nouvelle en baisse de pouvoir d’achat pour vos poches. Ce ne sont ni les dépenses encourues pour les élections qui n’ont pas eu lieu le 27 décembre 2015 ou le 17 janvier 2016, ni les déboursements engagés en vain pour celles du 24 janvier 2016 qui vont donner des couleurs à la gourde. Ce n’est pas non plus l’annonce du carnaval du 7 au 9 février qui va donner du sang neuf à la gourde en ces temps où tout le monde doute de ce qui va se passer demain. Même l’imminence d’un changement de gouvernement n’augure pas de jours meilleurs pour les finances publiques ni pour les finances personnelles de la majorité de la population. En un mot comme en cent, la gourde ne va pas freiner sa chute dans les semaines qui viennent. C’est un problème sérieux pour lequel nous n’avons pas de solution. Pas même une ébauche de solution. Pas même une réflexion en cours. La politique capte toute l’attention pendant que l’économie nous passe sa facture. La situation actuelle est la répétition de toutes les crises de ces dernières années.