L’épidémie de fièvre Zika poursuit son petit bonhomme de chemin en Haïti. Le nombre de cas se multiplie. Le ministère de la Santé publique et de la Population donne une évolution de l’épidémie sur son site Internet. Même si la crise politique éclipse la maladie, le MSPP fait son travail à un certain niveau. Oui, à un certain niveau seulement. Car si le travail de compilation des chiffres se fait, on ne sait pas pour le reste. Où sont déployés les brigadiers annoncés par les autorités sanitaires ? Qu’en est-il du traitement des gîtes et des séances de fumigation ? Peut-être que les autorités travaillent dans l’ombre. Tant mieux si tel est le cas.
Avec le risque que des nouveau-nés soient victimes de la microcéphalie, les femmes enceintes constituent la catégorie qui mérite la plus grande attention par rapport à l’épidémie de la fièvre Zika. C’est bien comme le fait le MSPP de conseiller aux femmes en âge de procréer de ne pas tomber enceintes, mais quelle prise en charge pour celles qui sont enceintes actuellement ? Faut-il attendre qu’une femme enceinte soit atteinte du Zika pour qu’on la prenne en charge ?
Il revient ainsi à chaque femme enceinte de se protéger. Celles qui en ont les moyens fuient carrément le pays ou suivent les recommandations du MSPP. Qu’en est-il de celles qui ne peuvent pas se procurer une moustiquaire ou de la crème anti-moustique ? Serait-il trop coûteux pour l’Etat de faire la prévention du Zika chez cette catégorie à travers une campagne de distribution de moustiquaires ou de crème anti-moustique ? Peut-être qu'on le fait loin des caméras et des micros des journalistes. Si on juge trop élevé le coût de la distribution de ces produits aux femmes enceintes incapables de se les procurer, savez-vous qu’il sera plus coûteux de s’occuper d’enfants nés avec la microcéphalie ? Quand un enfant est né avec une malformation, la facture est non seulement pour les parents, mais aussi pour toute la société pendant sa vie entière.
Jusqu’ici la crise politique éclipse, pour notre malheur, le débat sur le Zika. La voix du MSPP est inaudible. Dans un tel contexte, on ne peut que prier le Bon Dieu pour que les bébés qui naîtront demain ou dans les prochains mois soient épargnés du Zika.
Pendant que le Zika se propage dans le pays, le président provisoire Jocelerme Privert, selon une note de presse du bureau de communication de la présidence, a tenu un Conseil des ministres à l’extraordinaire le lundi 15 février 2016 au palais national en vue de se renseigner sur la situation de l’administration publique ainsi que la situation globale du pays. Les mesures d’urgence adoptées par le ministère de l’Agriculture pour faire face à la sécheresse qui sévit dans plusieurs endroits du pays ont été présentées. Avant le Conseil des ministres, le président Privert avait rencontré le ministre des Finances et les membres du Conseil de la BRH autour de la situation financière et économique du pays. Rien n’est dit dans la note ni sur le Zika, ni sur la participation du ministre de la Santé publique à ce Conseil des ministres à l’extraordinaire alors que l’OMS a déclaré l’épidémie urgence sanitaire mondiale. Il faut être patient dans la mesure où les rencontres ne font que commencer au palais national.
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