On se coupe les cheveux pour mille et une raisons. Et fort souvent, on a encore plus de raisons de vouloir qu’ils repoussent. Que ce soit parce qu’on n’a pas été particulièrement satisfait du résultat obtenu, qu’on est déjà fatigué d’être tèt kale, qu’on veut avoir encore quelque chose à couper ou tout simplement parce qu’on a hâte de voir les progrès. Mais c’est rarement parce que des proches, des connaissances, des inconnus nous y encouragent… Du moins, pas pour moi.
J’ai reçu en cadeau récemment une impression en grand format d’une ancienne photo de moi. Une agréable surprise… Une bien louable attention. Par malheur, j’ai eu envie d’exhiber ce présent. Erreur sur toute la ligne ! Sur la photo, j’avais quatre années de moins, dix kilos de plus et surtout des centimètres de cheveux en plus ! Assez de choses pour susciter les commentaires de proches, amis et parfaits inconnus.
« Ooo, gade li ! Gad jan l te bèl », « Bon, pitit, poukisa ou te koupe cheve yo menm ? » « Si m te ou, m pa t ap janm mete sizo nan tèt mwen ankò »… Et j’en passe. Les remarques ont plu. Puis il y a ceux qui ont fait mine de ne pas me reconnaître : « An, se te ou ? Bagay serye m pa t ap wè se te ou ! »
Ça va, ça va, j’ai compris le message.
Je suis affreuse sans les cheveux. J’étais x fois plus attirante quand ils encadraient mon visage et m’arrivaient sur les épaules. Du moins, selon vous. Car moi, dans mon miroir, je vois tout le contraire. Mon front a cessé d’être cette grosse chose qu’il faut à tout prix cacher. Enfin, je peux apprécier la forme de mes oreilles et bien afficher mes piercings. Il n’y a certes plus moyen de couvrir mes boutons et de détourner l’attention de mes cernes, mais surtout, il n’est plus question de me cacher derrière quoi que ce soit, ce qui est tout aussi inquiétant que tentant.
C’est une véritable expérience de me découvrir tout en m’ouvrant davantage aux autres. J’aurais pu recourir à des subterfuges pour me faciliter la tâche. Mais pas de postiches et d’extensions pour moi. Je préfère vivre pleinement toutes les étapes de mon aventure et laisser mes cheveux pousser à leur rythme. Bien sûr, j’ai hâte de les voir repousser. Parce que ne vais pas que je suis peut-être déjà fatiguée d’être tèt kale, parce que je suis impatiente de constater les progrès, parce que je meurs d’envie d’avoir quelque chose à couper à nouveau, mais définitivement pas parce que certains individus veulent faire reposer tout mon charme physique sur ce simple complément !
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