Fritz Jean est dans une parfaite impasse. Il n’arrive pas à trouver une majorité à la Chambre des députés pour sortir la tête haute de sa première séance suivie de vote au Parlement. Après que ses alliés eurent infirmé le quorum mercredi, il a demandé un report de 48 heures par lettre adressée au président de la Chambre des députés, ce vendredi.
Cela fait des jours que le dossier Jean semble mal parti, mal ficelé. Si, la semaine prochaine, Fritz Jean confirme son incapacité à trouver le consensus nécessaire à sa ratification va-t-il donner sa démission ou boira-t-il le calice jusqu’à la lie du vote de rejet de sa candidature ?
Souvent, dans l’exercice de nomination d’un Premier ministre, le premier candidat échoue. Fritz Jean est-il frappé de la malédiction du premier choisi ? Le président provisoire Jocelerme Privert a-t-il déjà commencé à penser à un candidat de remplacement ? Va-t-on au palais national se mettre à chercher un vrai point d’entente avec les forces en présence au Parlement ?
Pour ne rien arranger, la société civile ne fait qu’étaler ses plaies. Rares sont les secteurs qui ont pu démontrer une discipline pour participer à la formation du Conseil électoral ou pour revendiquer des postes de ministre dans le gouvernement de transition. Nous sommes en pleine débandade organisationnelle.
Dans les pages du Nouvelliste, il a été dit et redit que la crise que nous vivons n’est pas une crise de personne. C’est une crise de société. De régime. De logiciel. Autant l’avenir s’annonce incertain avec Privert, autant il s’annonce bouché avec ceux qui s’opposent à lui.
Depuis l’élection de Jocelerme Privert le 14 février, il y a un malaise entre ceux qui ont perdu le pouvoir et ceux qui ne l’ont pas encore vraiment. Les pro-Martelly, passés à l’opposition par la force des choses, ont plus de cohérence dans leurs actions de blocage. Les pro-Privert, divers et d’intérêts contradictoires, n’ont pu montrer jusqu’à présent que leurs faiblesses.
Entre les deux maux, il n’y a pas de moindre mal. Si le Parlement ne peut pas s’entendre avec le président sorti de ses rangs, déjà des voix s’élèvent pour dire qu’ils disparaissent les deux pour laisser la place à un Conseil exécutif de gouvernement. À un nouvel ordre de route sans les vieux routiers de l’impasse.
L'impasse, quelle issue? Pour reprendre le titre d'une ancienne émission de la star Gary Pierre-Paul Charles.
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