Le scandale mondial d'évasion fiscale des «Panama Papers», révélé le dimanche 3 avril dernier, affecte considérablement l'image de ce pays d'Amérique centrale considéré comme une plaque tournante du blanchiment d'argent et accusé d'être un paradis fiscal. Le gouvernement du Panama est monté très vite au créneau pour exprimer sa position officielle sur les documents publiés par la presse internationale dans le cadre de cette affaire et pour réaffirmer son attachement à des réformes visant à renforcer la transparence dans ses services juridiques. « Au nom de mon gouvernement, je regrette profondément qu’un scandale pareil surgisse après tant d’efforts effectués par le gouvernement actuel pour répondre aux normes de la législation internationale sur la transparence et les bonnes pratiques », a déclaré l’ambassadrice du Panama accréditée en Haïti, Xiomara Perez, lors d’une interview exclusive accordée au journal. Pour la diplomate, il ne fait aucun doute, c’est l’image de son pays qui est en jeu. Le Panama, petit pays de 3,5 millions d'habitants, est le siège de nombreuses compagnies offshore et se retrouve régulièrement mis en cause pour l'opacité de son système financier. « C’est avec préoccupation qu’on a pris connaissance des informations sur la filtration des documents que la presse du monde entier a publiés », a-t-elle poursuivi, faisant valoir, à l’instar du président panaméen, Juan Carlos Varela, que cette enquête journalistique révèle des informations impliquant un cabinet d'avocats et non la plateforme et les services financiers du Panama, ni les entités du gouvernement panaméen. « Pour cette raison, nous rejetons fortement ce titre intitulé ‘’Panama Papers’’, qui discrédite le nom de notre pays », a ainsi protesté énergiquement le chef de l’État panaméen dans un message à la nation. Pour sa part, l’ambassadrice Xiomara Perez met en garde les auditeurs et les lecteurs haïtiens à qui elle demande « de prêter attention au fait que le centre des agissements critiqués n'est ni le gouvernement ni le peuple panaméen, mais une firme privée ». En effet, elle annonce que des mesures étatiques de correction d'ordre général et spécifique ont déjà été prises. Parmi ces dernières, une enquête judiciaire est en cours afin de déterminer les cas d'évasion fiscale, de fraude fiscale, ou les deux, pour appliquer les sanctions qui correspondent d'après les normes juridiques applicables. Selon le président Juan Carlos Varela, le gouvernement du Panama mène une politique de tolérance zéro contre tout aspect de son système juridique ou financier qui n’est pas traité avec des niveaux élevés de transparence. Si ces informations sorties de la firme Mossack et Fonseca peuvent influer la décision de certains investisseurs dans le secteur commercial et financier panaméen, Xiomara Perez reste néanmoins confiante que les rapports commerciaux et culturels entre Panama et Haïti continueront à se renforcer grâce aux différentes activités en cours. Le secteur financier du Panama représente actuellement, en comptant les revenus provenant de son canal géostratégique, près de 80% de son PIB. Ce scandale surgit quelques semaines après que le président Juan Carlos Varela s'est félicité que son pays a été retiré de la «liste grise» de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme du Groupe d'action financière sur le blanchiment des capitaux (GAFI), après l'adoption d'une série de réformes par son gouvernement.