« Nous allons laisser un processus électoral possiblement frauduleux donner un gouvernement ? Dans quel pays accepterions-nous cela ? Pouvez-vous nous dire que les Etats-Unis accepteraient cela ?... », s’est demandé Ronald Sanders, ex-chef de la dernière mission de l’OEA en Haïti. La vérification des élections est vitale pour éviter une crise politique profonde, a indiqué Ronald Sanders, ex-chef de la mission de l’OEA envoyé en Haïti en février dernier après l’annulation du second tour de l’élection présidentielle du 24 janvier dernier. « C’est un mal nécessaire pour avoir la paix sur le long terme », a confié le diplomate d’Antigua au journal Miami Herald. La vérification doit se faire. Il y a de terribles suspicions de fraudes dans ce processus électoral, a indiqué Ronald Sanders qui souligne qu’il sera nuisible pour une nouvelle administration d’arriver au pouvoir, sans la vérification, susceptible de dissiper les suspicions. Le diplomate a indiqué que la vérification n'allait pas durer en longueur de façon qu’Haïti revienne rapidement à la stabilité politique par le transfert du pouvoir au président élu. La position de l’ambassadeur Ronald Sanders consistant à supporter une investigation menée par des Haïtiens de l’élection présidentielle controversée du 25 octobre diffère de celle de beaucoup de diplomates sur la crise. L’Union européenne, les Etats-Unis d’Amérique et d’autres ont publiquement rejeté les appels à la vérification et fait pression sur le président provisoire Jocelerme Privert pour reprendre au plus vite le processus électoral. Nous allons au-devant de problèmes si nous poursuivons et forçons Privert à organiser une élection qui n’est pas acceptable pour une majorité d’Haïtiens, a indiqué Ronald Sanders qui s’est posé plusieurs questions. « Nous allons laisser un processus électoral possiblement frauduleux donner un gouvernement ? Dans quel pays accepterons-nous cela ? Pouvez-vous nous dire que les Etats-Unis accepteraient cela ?... », s’est demandé Ronald Sanders. Le diplomate, chairman du Conseil permanent de l’OEA jusqu’à la semaine dernière, a souligné que ses propos l’engagaient, pas l’organisation hémisphérique qui n’a pas exprimé de position sur la crise haïtienne. La mission d’observation électorale de l’OEA avait donné sa bénédiction aux élections du 25 octobre.