Inauguré le mardi 15 juillet 2014 en présence du président du CIO, l’Allemand Thomas Bach, le Centre Sport pour l’espoir, construit par l’IBF Group avec l’expertise de la firme dominicaine Estrella, desserte depuis, la famille sportive haïtienne. Il n’est pas exploité convenablement en raison des informations non fondées qui circulent autour de ce site. Pour couper court à ces spéculations, Ticket Sport vous propose une interview avec Guy-Nicole Lemite qui fait office de directrice (ai.) du Centre Sport pour l’espoir ! Ticket Sport : Voulez-vous présenter pour les lecteurs le Centre Sport pour l’espoir ? Guy-Nicole Lemite : Situé à l’angle de la nationale #1 et de la route 9, le Centre Sport pour l’espoir est un centre olympique de standard international. A l’intérieur de ce centre, il y a plusieurs terrains : football, basket-ball, tennis, volley-ball. Il y a également des bâtiments multisports où l’on peut pratiquer : boxe, badminton, tennis de table, taekwondo, athlétisme et des disciplines nouvelles : hockey, lacrosse, rugby et, avec le temps, on aura sous peu un terrain de baseball. Il faut dire aussi que le Centre Sport pour l’espoir est un don du CIO, géré par le CIO. Notre mission est de détecter des talents à travers tout le pays. Vous n’êtes pas sans savoir que le sport en Haïti est traité en parent pauvre. Cependant, nous autres du centre, nous préparons des athlètes capables de représenter Haïti dans les prochains Jeux Olympiques. Notre plus prochaine échéance est celle des Jeux Olympiques de la Jeunesse qui seront lieu en Argentine en 2018. Le Centre reçoit, et cela par jour, plus de 250 enfants, issus de 20 à 26 écoles de la zone. On les nourrit et ils font du sport. On essaie de vulgariser le sport à travers nos structures. On met à leur disposition des autobus pour assurer leur transport aller et retour. Avec eux, on fait également des activités socioculturelles. En mars dernier, le 8 pour être précis, on a célébré la journée internationale de la femme. Entre-temps, le 2 avril en cours, on a marqué la journée internationale du Sport pour le développement et la paix. Elle devait, cependant être fêtée le 6 avril, mais ce jour-là était un jour de classe. Ainsi, les enfants devraient se rendre à l’école. Ce 2 avril, il y avait des compétitions et des activités socioculturelles avec des enfants issus de la république voisine dans une sorte d’échange. Avec la la république dominicaine, les rapports sont bons. TS : Comment vous arrangez-vous pour faciliter la tâche à chaque discipline sportive ? GNL : Pour y arriver, on a un calendrier bien établi. Chaque discipline sportive a un entraîneur ou un moniteur, et ceci est valable pour l’athlétisme, le judo, le taekwondo, le ping-pong, la boxe, le volley-ball, le basket-ball et le tennis. Des enfants n’ayant pas d'espace pour pratiquer le sport dans leurs écoles viennent ici pour profiter de nos infrastructures, et cela quotidiennement. Il faut dire aussi qu’on a des académies. Elles servent à la détection des talents. Ce sont ces talents, des enfants doués qui représentent le Centre dans des tournois ou des championnats organisés par certaines fédérations. Ces dernières organisent aussi des activités de grande envergure auquelles lesquelles participent des athlètes issus de tout le pays. TS : Ils sont plus que visibles les lacs qui se trouvent à l’intérieur du centre. Certains parlent d’inondation et d’autres encore font allusion ironiquement à des piscines olympiques. Alors, ces eaux représentent-elles un danger pour le Centre Sport pour l’espoir ? GNL : Contrairement à ceux que pensent les gens, il n’y a pas encore de piscine olympique au Centre Sport pour l’espoir. En fait, on le souhaiterait. Pour l’instant on n’en a pas. Au fait, l’eau que vous voyez à l’intérieur du Centre n’est pas une piscine olympique. Elle ne représente pas une menace pour nous. Cette eau ne nous envahit pas. Au contraire, ça été une stratégie bien calculée et bien orchestrée de notre part. Ce n’est pas le produit du hasard. Cela doit être clair pour tout le monde. En réalité, ce sont des faux lacs, créés pour recevoir de l’eau. Ils sont interconnectés l’un à l’autre. Autrement dit, chaque lac rempli déverse dans l’autre ainsi de suite. Ils sont là aussi pour attirer des animaux. On utilise ces eaux pour irriguer notre plantation. Ces eaux sont aussi une sorte de réserve écologique. Vous voyez que la zone est un peu désertique. On va en profiter pour faire une sorte de pisciculture, car nous allons élever des poissons. Ce ne sont pas des piscines. Vous ne voyez jamais des gens s'y baigner. Vous y voyez au contraire des canards, des poules d’eau et d’autres oiseaux. Il ne faut pas penser que nous sommes inondés. Quand il pleut, nous sommes tous bien vivants. TS : Présentez-nous le Centre en termes d’infrastructures ? GNL : On a d’abord le gymnasium (espace fermé) qui peut accueillir toutes les disciplines sportives. Ce gymnasium peut recevoir 2 500 personnes assises. Puis, on a deux autres bâtiments multisports, construits pour la pratique du badminton, de la boxe, du taekwondo, du tennis de table, du judo et d’autres sports. Ensuite, on a un bâtiment dans lequel se trouve l’infirmerie, le département de maintenance, deux vestiaires comprenant chacun 18 douches, 9 toilettes (homme et femme), un dortoir d’une capacité de 120 lits. Ce dernier n’est pas encore inauguré. Et finalement, on a un dernier bâtiment divisé en plusieurs parties, une salle pour le stockage des matériels sportifs, une cafétéria, une cuisine. Comment oublier le bâtiment de l’administration où se trouvent la direction, la comptabilité, le secrétariat, une salle de coach, cinq salles de conférence pouvant contenir chacune 50 personnes. Ces salles sont à la disposition de tout le monde. J’allais oublier de mentionner qu’on a également une piste d’athlétisme ultra moderne, bien équipée valant 3 millions de dollars américains. On peut recevoir toutes les disciplines (saut en hauteur, saut en longueur, saut à la perche, triple saut, lancer de marteaux, disques, javelots et autres). TS : Le Centre Sport pour l’espoir dispose d’un personnel de combien de personnes ? GNL : Notre personnel est composé de 40 personnes. Il y a le département de maintenance. Ces gens-là s’occupent des terrains. Ils reçoivent des formations pour prendre soin de notre terrain synthétique, entre autres, brosser la piste d’athlétisme, couper les gazons et autres. Un staff de cuisiniers, un département de programmation, l’administration, l’infirmerie, les entraîneurs et autres. TS : Il va s’en dire que vous dépensez beaucoup d’argent pour nourrir les athlètes et le petit personnel ? GNL : Justement ! Pour avoir une idée exacte de la somme dépensée par le Centre Sport pour l’espoir, il faut penser au coût exorbitant de la vie en Haïti. Cela dit, nourrir quotidiennement les gens, ça coûte beaucoup. Alors, vous pouvez faire le calcul : 250 personnes pour quatre repas par jour (déjeuner, petit déjeuner, lunch et souper), lundi excepté. Ticket Sport : votre dernier mot, ce serait quoi ? Guy-Nicole Lemite : J’encourage les gens à venir supporter les athlètes. Qu’ils cessent de répéter que le Centre est situé tout près de Canaan. Les gens qui habitent la zone sont des Haïtiens authentiques comme vous. Il faut de tout pour faire un monde. Il faut les intégrer dans la société. Haïti a besoin d’une médaille olympique. Pour concrétiser ce rêve, il faut que l’on se mette ensemble. Pour finir, je tiens à rappeler que les faux lacs que vous voyez au Centre sont très importants pour nous et ils ne sont pas le fruit du hasard.