Le président provisoire Jocelerme Privert n’entend pas commenter, encore moins réagir à la lettre lourde de remontrances et d’accusations de persécution politique, de non-respect de l’accord du 5 février, de menées pour écarter Jovenel Moïse du second tour que lui a adressée le week-end dernier l’ex-président Michel Martelly, « un citoyen ordinaire comme tous les autres ». « Il y a dix millions de citoyens haïtiens. La Constitution reconnait à tous les citoyens le droit de s’exprimer. L’ancien président Michel Martelly est un citoyen haïtien. Il a le droit d’avoir une opinion. Il peut l’exprimer verbalement ou par écrit. Je ne crois pas avoir l’obligation de répondre à l’expression de l’opinion de chaque citoyen haïtien », a répondu le président Jocelerme Privert dans une interview exclusive au journal. Michel Martelly est un ex-président avec qui vous avez signé l’accord du 5 février. « C’est un citoyen ordinaire comme tous les autres citoyens », a renchéri le chef de l’Etat. Toutefois, sur l’accusation portée contre lui d’avoir déclaré que Jovenel Moïse était arrivé non premier mais cinquième au premier tour de l’élection présidentielle du 25 octobre, Jocelerme Privert a apporté un démenti formel. « Je mets quiconque en défi de prouver que j’avais fait une telle déclaration », a affirmé le chef de l’Etat. Il a indiqué n’avoir jamais rencontré de dirigeants du PHTK. Jocelerme Privert dit avoir invité le PHTK lors des consultations sur la formation du gouvernement. Il indique avoir reçu trois émissaires du PHTK, dont le député de Léogâne, le député Hyppolite, Roudy Choute qui lui avait remis un document. « Je répète mille fois qu’il s’agit d’un mensonge et je mets quiconque en défi de prouver que j’ai eu une fois à me prononcer sur les résultats proclamés par le CEP », a martelé le chef de l’Etat, qui évoque sa neutralité. « Je me suis engagé tant au niveau du CEP, de la commission de vérification à ne faire aucune interférence dans la gestion du processus électoral. Et j’ai demandé à tous les membres du gouvernement de rester neutres par rapport au processus électoral. Le processus électoral est de la compétence exclusive du Conseil électoral, a souligné le chef de l’Etat dont le gouvernement a été accusé par Jovenel Moïse de faire des pressions sur le CEP dans une tribune publiée récemment par Miami Herald. Roberson Alphonse, Envoyé Spécial à New York