Il y a de cela quelques années, attablée avec Richard Morse à l’hôtel Oloffson dans le cadre d’une entrevue, j’ai demandé à ce dernier pourquoi je n’arrivais pas à trouver les chansons de RAM sur les plateformes de vente de musique en ligne. À lui de me répondre avec cette brusquerie qui le caractérise : « Yo tèlman kopye yo, nou pa fè bagay konsa ankò. » Ma déception a dû se lire sur mon visage. Car, au terme de notre rencontre, l'artiste s’est absenté un moment et est revenu avec un exemplaire de « Puritain Vaudou », le deuxième opus de RAM. « Se nan lari an mwen te jwenn sa a », m’a-t-il expliqué en m'offrant cette copie de ce disque vieux de plus d’une quinzaine d’années qui entretemps avait acquis le statut de denrée rare. J’ai accepté le cadeau avec joie et jamais bootleg n’a été mieux conservé. Reposant depuis sur ma table de chevet, il a été récemment rejoint par l’original de « Manman m se Ginen », la toute dernière production du groupe.

« RAM 6, Manman m se Ginen »