Mai, c’est le mois des mères, le mois des fleurs, le mois des premières plumes de la presse nationale, le mois du journal Le Nouvelliste qui a ouvert ses portes à la nation le 1er mai 1898. Doyen de la presse haïtienne, grand protecteur de notre culture, reflet du professionnalisme, de l’équilibre et de la permanence, Le Nouvelliste est une fierté nationale, un héros vivant.
Il est difficile de trouver les mots justes ou les justes mots pour exprimer la valeur du quotidien Le Nouvelliste sur le marché de la culture haïtienne. Parce que l’héritage Chauvet fait honneur à son titre de doyen depuis 118 ans. Parce que le Nouvelliste, l’un des plus grands travailleurs de notre pays, est un monument national.
Pour moi, pensionnaire de cette maison historique de la rue du Centre depuis 1975, Le Nouvelliste est le miroir par excellence qui, à plusieurs niveaux, donne de la visibilité à notre pays. Et aussi une tribune qui a révélé une pléiade de sommités nationales, tel l’immortel Carlo Désinor.
Dans l’un de ses discours enflammés, le président François Duvalier a déclaré : « Je suis arrivé au pouvoir avec mes écrits sous les bras ». J’exploite aujourd’hui cette envolée de Papa Dòk pour préciser que j’ai franchi la grande porte du Nouvelliste en juin 1975 avec ma plume de jeune combattant de la presse sportive haïtienne. Je me souviens encore de ce précieux conseil de Carlo Désinor : « Le Nouvelliste est une vitrine, profitez de cet espace pour vous imposer ».
C’est le jeune promoteur de boxe Jacques Deschamps Fils qui m’a permis d’intégrer la grande famille du Nouvelliste, trois (3) mois après le premier festival de boxe internationale au parc Ste-Thérèse de Pétion-Ville. A cette époque, le jeune administrateur Max Chauvet était à la recherche d’un jeune chroniqueur sportif.
Deux jours après mon arrivée, Le Nouvelliste publia mon premier article : « Le Violette prêt pour la bataille de Surinam », suite à la victoire des partenaires de Philippe Vorbe et d’Oscar Montironi aux dépens de l’équipe réserve de Manchester United (3 à 1), sur la voie de la préparation du Vieux Tigre pour le championnat de la Concacaf des clubs, saison 75-76.
Le trio Lucien Montas-Max Chauvet- Carlo Désinor m’a largement supporté lors de mon arrivée au sein de l’entreprise Le Nouvelliste. Tout comme le tandem Etzer Toussaint Clarens Pierre-Pierre. C’est ainsi pour chaque nouveau venu, parce que le Nouvelliste est une équipe soudée.
Une anecdote pour fermer ce chapitre de témoignages nouvellistiques. En 1976, j’ai rencontré le baron duvaliériste Georges J. Figaro au bureau du directeur du Nouvelliste, Lucien Montas. Au sujet de l’actualité sportive nationale, M. Figaro m’a posé cette question : « Raymond, comment va le sport ? ». Comme le pays, c’était ma réponse sans la moindre hésitation. En vieux routier de la politique, il a ajouté : « Dans ce cas, le sport va bien mon cher, le sport va bien ! »
Je m’arrête là pour ne pas investir les 2 pages de ce numéro de Ticket Sport. Meilleurs vœux et félicitations à toute l’équipe du Nouvelliste. Toute ma gratitude au doyen, le sommet de la presse haïtienne.
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