A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Au troisième trimestre de l’exercice, le gouvernement provisoire s’est vu dans l’obligation d’adopter un budget rectificatif à la suite du manque à gagner de l’ordre de 10% qu’accusent les ressources domestiques qui étaient initialement prévues. En effet, selon les nouvelles prévisions des autorités, l’ensemble des ressources domestiques devraient se chiffrer autour des 69.2 milliards de gourdes contre 77.2 milliards de gourdes initialement prévues. Au total, le budget rectificatif a subi une réduction d’environ 9 milliards par rapport au précédent. Ainsi, le gouvernement prévoit pour ses différentes dépenses de fonctionnement la somme de 67.5 milliards de gourdes et fixe ses dépenses d’investissement à hauteur de 45.7 milliards de gourdes. Dans ce budget rectificatif déposé à la Chambre basse en séance plénière, l’appui budgétaire global a diminué de plus de la moitié, précisément de 52%, passant de 4.3 milliards de gourdes à 2 milliards de gourdes. En revanche, les dépenses courantes de l’Etat augmentent de 2%, le fonctionnement de l’administration de 4%, et les salaires de 1%. Presque tous les ministères, à quelques rares exceptions près, ont vu diminuer les crédits qui leur ont été alloués. Même le ministère des Travaux publics, qui se taille la part du lion de ce budget, 14% à lui seul, a été délesté de plus de 200 millions de gourdes. La part du budget consacrée au ministère de l’Agriculture, soit 6.3%, a enregistré une réduction nette de 39.8%, passant de 11.8 milliards de gourdes à 7.1 milliards de gourdes. Dans un contexte de grève des médecins résidents, qui réclament une revalorisation salariale, le gouvernement a cru nécessaire d’abaisser de 21.2% les crédits budgétaires alloués au ministère de la Santé publique qui représentent 4.7% du total. Les ressources du ministère de l’Environnement ont diminué également de 20%. Dans cette tendance baissière générale, le ministre de l’Education nationale, contrairement à ses homologues, a vu son portefeuille grossir de 21.1 milliards de gourdes à 21.9 milliards de gourdes. Le 1.1 milliard de gourdes de la présidence n’a pas bougé d’un iota alors que l’escarcelle de la Primature s’est agrandie de 1.8 milliard de gourdes à 2.38 milliards de gourdes. Même cas de figure pour le pouvoir législatif qui voit ses crédits passer de 3.3 milliards de gourdes à 3.5 milliards de gourdes. Le poids budgétaire de l’Université d’Etat d’Haïti, en proie elle aussi à des revendications salariales, continue de représenter moins de 1% du total budget. Avec ce nouveau projet de loi de finances rectificative, le gouvernement espère terminer cet exercice avec une dette publique ne dépassant pas les 7.3%, l’équivalent de la part du budget allouée à 7 ministères, dont le ministère de l’Intérieur, du Tourisme, du Commerce et de l’Industrie, des Affaires sociales et du Travail.