« Seul le compromis peut nous permettre de trouver une solution qui soit en faveur de la population qui a besoin des soins de santé, qui permette au médecin de travailler dans de meilleures conditions mais aussi à l’Etat de faire face à cette situation », a déclaré le Dr Réginald Boulos le vendredi 20 mai 2016 sur les antennes de Radio Magik 9. En effet, le Dr Boulos s’en est pris vigoureusement aux protagonistes de cette grève et dénonce le gouvernement ainsi que les médecins résidents qui sont sur la corde raide. Du côté du gouvernement, il dénonce une absence de prise de responsabilité sérieuse dans la question de la grève, et au niveau des médecins, il fustige une absence de volonté de dialogue et de trouver un compromis. « C’est malheureux qu’un gouvernement et des médecins, animés de la vocation d’être médecins, ne puissent pas s’asseoir autour d’une même table pour décider de ce qui est possible, accepter ce qui est possible, et oublier pour le moment ce qui est impossible », se désole le Dr Boulos. Face à cette situation de grève qui s’enlise, M. Boulos propose une médiation car, dit-il, les parties ne se parlent plus. Il annonce avoir discuté avec une association des étudiants de la faculté de médecine qui, elle aussi, s’est proposée pour jouer le rôle de médiatrice. Selon le médecin homme d'affaires, l’association a demandé respectivement à l’Association médicale haïtienne (AMH), au secteur privé et au barreau de Port-au-Prince de désigner chacun un membre pour prendre part à cette médiation. « A cette date, ce dialogue a du mal à démarrer », constate le Dr Boulos, exprimant du même coup son désaccord avec les médecins qui, dit-il, sont entrés en grève sans avoir mis en place une cellule d’urgence. « C’est inacceptable », a-t-il martelé. « Je ne suis pas d’accord non plus, poursuit-il, avec un gouvernement qui se tourne les pouces, qui n’a pris aucune décision dans un sens ou dans l’autre. » Pour le Dr Boulos, c’est la politique de corde raide qui a jeté le pays dans la situation actuelle. Le pays, dit-il, est prisonnier de cette politique généralisée de la corde raide et de l’absence de volonté de dialogue. En ce sens, il condamne la corde raide qui existe entre les hommes politiques, à l’intérieur du secteur privé ainsi que celle entre le secteur privé et les politiques.