Ticket Sport : Pour une énième fois vous venez travailler dans la formation des entraîneurs de volley-ball en Haïti et pour cette année, avec de futurs professeurs d’initiation au volley-ball. Pourquoi cette option ?
André Glaive : C’est une option de la fédération haïtienne de volley-ball qui a décidé d’augmenter son développement et pour cela de former encore mieux ceux qui interviennent dans les écoles, les collèges et les lycées (ici élèves entre la 7e et la 9e année fondamentale). C’est un choix à mon avis très intéressant et très positifs, car c’est quand même une clef très importante pour le développement du volley-ball à Port-au-Prince mais aussi en province.
TS : 37 nouveaux certifiés, êtes-vous satisfait de votre promotion ?
AG : Oui ce sont de jeunes éducateurs et de jeunes entraîneurs qui vont, j’espère, retransmettre les messages que je leur ai fait y passer pendant ces 5 jours. Et qu’ils vont amener à un moment donné les enfants qui leur seront confiés et avec qui ils auront à travailler, aiment le volley-ball et continue à jouer au volley-ball et performent avec le temps.
TS : Comment avez-vous trouvé votre promotion si vous considérez les échanges et ce qu’ils ont révélé comme connaissance technique ?
AG : La promotion avait été diversifiée avec d'excellents joueurs de volley-ball, des joueurs de volley moyens et des joueurs de volley un peu plus débutants, mais je pense que le plus important c’est qu’ils aient intégré toutes les clés qui vont leur permettre de former les jeunes joueurs et de faire en sorte que ces jeunes joueurs aiment le volley-ball.
TS : Vous venez ici travailler avec les jeunes, qui sont en majorité, qui ont une formation de base cubaine à l’arrivée y a-t-il une grande différence avec l’école cubaine ?
" Les principes du haut niveau sont les mêmes pour toutes les écoles "
AG : De toute façon, en ce qui me concerne, je vous rappelle que cela a été fait en particulier avec les jeunes joueuses qui ont été à l’École des Talents, ces jeunes joueuses, elles travaillaient bien sûr avec un entraîneur cubain, mais je les ai eu très souvent en stage quasiment depuis 2011. Donc depuis 2011 elles travaillaient avec un entraîneur cubain mais de temps en temps elles sont passées entre les mains d’André Glaive (à l’école européenne), et je pense que même si au niveau de l’école européenne il y a quelques différences par rapport à l’école cubaine les principes du haut niveau sont toujours les mêmes. C’est la recherche de l’excellence, c’est la rigueur, c’est la discipline, c’est la mise en place de principes de jeu et je crois que toutes les écoles, quelles qu’elles soient, européenne, cubaine ou américaine, sont les mêmes. Après, la seule chose qui change un peu c’est l’esprit de la formation et je pense que les jeunes filles que j’ai eu à ma disposition et que je reverrai dès demain matin sont bien intégrées à la culture européenne en ce qui concerne la formation. Très honnêtement je peux dire que le volley-ball haïtien performe.n peu dans la culture européenne.
TS : Vous avez connu les filles lorsqu’elles travaillaient au rythme de l’ENTS, qui depuis 2014 n’existe plus. Vous avez vu les filles en 2016 après qu’elles aient intégrées les clubs. La progression est-elle telle qu’on pouvait l’espérer ?
AG : Quand on a beaucoup de volume horaire de travail, quand on travaille tous les jours, on a le temps de faire un travail physique important.
« C’est dommage que l’ENTS ne soit plus »
AG : Je crois que c’est ce travail physique qui manque aux filles, car elles s’entraînent beaucoup moins que lorsqu’elles s’entraînaient à l’ENTS, et, donc pas suffisamment. À partir de ça, c’est sûr que la progression est moins importante qu’elle ne l’était auparavant. Et c’est dommage, car avoir une école qui peut avoir de jeunes sportifs (volleyeurs ou autres) qui puissent s’entraîner 4 à 6 heures par jour, c’est qu’on est dans la performance, on est dans l’élite. Le haut niveau exige quand même qu’on soit capable de s’entraîner deux fois par jour. À partir du moment où l’on s’entraîne moins, on progresse moins et on a moins de temps pour faire tout ce qu’on a à faire. Je pense qu’à un moment donné, en ce qui concerne le sport haïtien, l’école des talents ou quelque chose d’autre, mais dans les mêmes objectifs, mise en place pour que les potentiels du sport haïtien puissent s’entraîner je dirais comme doit s’entraîner un sportif de haut niveau
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