L’objectif de cet atelier stratégique est d’encourager un dialogue ouvert et constructif autour des leçons apprises et les meilleures pratiques en matière de réhabilitation de l’environnement et des moyens de subsistance durables. En d’autres termes, il s’agira de construire un consensus entre tous les partenaires clés, dont l’organisation J/P Haitian Relief Organization (J/P HRO), l’Agence française de développement, l’ambassade de France et le ministère de l’Environnement.
Créée pour soutenir le processus engagé lors de la COP21 et l’accord de Paris, l’initiative HPR s’étendra, dans un premier temps, sur une période de 10 années, pour un investissement de $300 millions de dollars. Pour ce montant, HPR pourra compter sur le support financier du gouvernement français ainsi que sur celui de partenaires financiers comme la BID et la Banque mondiale. La mission d’HPR est donc de renforcer la résilience climatique des communautés haïtiennes par l’accroissement de la couverture forestière, la promotion de l’agroforesterie et de briser le cercle vicieux qui lie la pauvreté à la déforestation.
« Haïti a connu, par le passé, trop d’initiatives budgétivores, consommatrices de beaucoup d’énergies et d’efforts pour de maigres résultats », a déclaré le ministre de l’Environnement, Dieuseul Simon Desras. Des déclarations qui sonnent comme une mise en garde. Toutefois, il a promis l’engagement du gouvernement haïtien dans l’accompagnement de cette initiative.
« Cette initiative va s’enraciner », prédit Ann Lee, CEO de J/P HRO, confiante quant à sa volonté ainsi que celle de ses partenaires de relever le défi environnemental haïtien. L’ambassadeur de France en Haïti, Elisabeth Beton Delègue, dans sa courte intervention, considère que la coopération dans le cadre de ce projet transversal, trans-partenaire, public-privé représentera un défi intellectuel.
Selon les responsables, HPR aura trois principaux secteurs d’intervention : Environnement (restauration des bassins versants les plus critiques, reboisement intégré, gestion des ressources aquifères), Economie (investissements dans l’agroforesterie et promotion de pratiques agricoles durables) et Energie (réduction de la dépendance du pays à la production de charbon de bois non durable).
Représentant le ministère de l’Agriculture à cet atelier, Arnoux Severin, le directeur général dudit ministère, a laissé parler les chiffres pour dresser le sombre tableau de la situation environnementale du pays : moins de 2% de couverture forestière, 0.35% d’aires protégées, plus de 50% des sources taries dans le massif de la Hotte et 36 millions de tonnes métriques de terres arables perdues chaque année.
L’agronome a ainsi insisté sur l’urgence de développer des politiques stratégiques de protection des sources d’eau, d’inciter l’implantation des vergers capables de protéger les terres et générer des revenus. « Avec ses 75% de terre montagneuse, Haïti doit être gérée de manière sérieuse et responsable pour éviter les désastres et catastrophes », a-t-il rappelé.
Tout en recommandant aux tenants de ce projet une approche d’intelligence partagée, l’ambassadeur Beton Delègue appelle à un changement de paradigme pour lutter contre la désertification en Haïti. Elle espère donc qu’HPR sera éligible au Fonds vert pour le climat.
Sans être d’un optimisme béat, pour reprendre les propos du ministre Desras, ce dernier se dit convaincu que cette initiative, contrairement aux précédents projets de reboisement, aboutira. Pour y parvenir, un comité de pilotage stratégique et multi-acteurs, présidé par le Premier ministre haïtien, devra se charger de fournir l’orientation stratégique, la coordination et l’ancrage institutionnel de l’initiative « Haïti Prend Racine ».
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