Après avoir examiné les finances publiques d'Haïti au cours de la dernière décennie, la Banque mondiale vient de publier la première revue des dépenses publiques en presque 30 ans. Dans son rapport « Mieux dépenser, Mieux servir: un examen des finances publiques en Haïti » récemment présenté aux Ministères de l’Economie et des Finances et de la Planification, l’équipe de la Banque mondiale propose des options pour améliorer l'efficacité des dépenses publiques pour sortir la population de la pauvreté.
Si l'aide des donateurs et l'accès à des financements concessionnels ont stimulé la croissance après le tremblement de terre et ont permis d’offrir de meilleurs services publics, Haïti doit maintenant redoubler ses efforts, souligne l’étude.
"Avec le déclin de l’aide internationale, il s’agit de se concentrer sur la mobilisation des ressources nationales, sur davantage d’efficacité dans les dépenses et sur la préservation des acquis sociaux fragiles du pays», a souligné Mary Barton-Dock, Envoyée spéciale de la Banque mondiale Haïti.
Avec 40 pour cent des ressources budgétaires du pays provenant de donateurs en 2013, le rapport souligne qu’Haïti est parmi les pays les moins performants de la région en matière de mobilisation des ressources internes. Il souligne également que les soins de santé et une éducation de qualité en particulier sont des moteurs pour augmenter les revenus des plus pauvres. Malgré l’augmentation des dépenses publiques dans l’éducation, seulement 10 pour cent des écoles en Haïti sont publiques. Par ailleurs, la part des frais de santé à la charge des patients est très élevée, près de 50%, ce qui demeure l’obstacle principal à l’accès aux services de santé.
« Le pays a besoin de politiques qui permettront d'augmenter le revenu des six millions d’Haïtiens qui vivent avec moins de 80 gourdes par jour. Pour atteindre cet objectif, la stabilité politique et un plus grand investissement dans le capital humain seront nécessaire. Pour cela, un des principaux défis est de faire une meilleure utilisation des ressources nationales », a ajouté Barton-Dock.
Parmi les priorités énumérées dans l’étude, le gouvernement doit mieux mobiliser les revenus en favorisant les impôts directs dans le régime fiscale plus équitables d’une part, et d’autre part mieux gérer les exonérations fiscales qui représentent un manque à gagner substantiel sans forcément générer les bénéfices attendus en termes d’emplois ou de production.
L’étude fait aussi appel à un meilleur suivi des dépenses publiques et une meilleure sélection des projets ainsi qu’à l’achèvement de la mise en place du compte unique du Trésor. L’accent est mis également sur l’importance d’améliorer l'efficacité, la qualité et l'équité dans la prestation de services sociaux.
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