La France vient d’interdire l’utilisation des sacs en plastique à usage unique. Nos fameux sachets « Thank you » sont hors la loi au pays de François Hollande depuis le 1er juillet. Cette décision n’a pas été prise sur un coup de tête. Elle s’inscrit dans le cadre d’une loi, dite de transition énergétique, votée en août 2015. Pour sauver la planète, les industriels français devront s’ajuster, les consommateurs aussi. Par deux fois déjà, la date de l’interdiction du précieux contenant a été repoussée en France. Il faut dire qu’il n’a pas été facile de trouver des remplaçants aussi efficaces et aussi bon marché pour une si simple invention. Ces sacs en plastique très fins, d'une épaisseur de moins de 50 micromètres, sont bannis d’utilisation en France pour faire place aux sacs en papier ou en plastique plus épais et donc potentiellement réutilisables. A compter du 1er janvier 2017, les commerces en France devront proposer des sacs en papier ou des sacs biosourcés et compostables, c'est-à-dire composé d'amidon de maïs ou de pomme de terre et de matière plastique mais capable de se dégrader totalement, rapporte le journal Métro. En Haïti, le premier ministre Laurent Lamothe avait tenté d’interdire les sacs en plastique. Les sachets noirs. Et aussi les plats en styrofoam. On en a parlé quelques jours, craint de les utiliser quelques semaines, avant que l’Etat oublie de sévir et que les importateurs comme les utilisateurs reviennent à leurs mauvaises habitudes. Dans la décision haïtienne, très bonne et innovatrice, il manquait le temps d’explication et les solutions de remplacement. Si aujourd’hui quelques restaurants se servent de plats en carton et que la quantité de sachets en plastique noirs a diminué, cela n’est dû qu’à la conscience professionnelle de quelques-uns. L’Etat n’en parle plus. Les autorités n’y pensent plus. Les dégâts que causent nos assiettes et gobelets en styrofoam, nos sachets en plastique, nos bouteilles en plastique et nos autres déchets non biodégradables sont incommensurables en Haïti, dans la mer des Caraïbes et au-delà. Dans cette affaire de sachets en plastique, notre pays était en avance, depuis nous avons reculé. Saurons-nous apprendre de l’expérience française pour mieux faire la prochaine fois que le sujet reviendra sur la table ?