Gilles et Michael, ces deux larrons ! Je les retrouve cette fois à Café 36, savourant une pizza en m’attendant. J’arrive toute penaude avec un retard de 20 minutes. Mais Gilles détend tout de suite l’atmosphère. « Hmm, tu sens bon ! », me dit-il d’entrée de jeu. Et bien sûr, quoi de mieux qu’un compliment pour mettre une femme à l’aise ? Me voilà donc attablée avec les deux messieurs. D’un côté, Gilles Malval qui évoque avec un mélange de nostalgie et de fierté sa barbe blanche ; de l’autre Michael Brun, un peu plus beau que dans mes souvenirs, plus mature, mais toujours aussi jeune bien qu’il me dépasse maintenant d’une tête. Ah ces enfants, qu’est-ce qu’ils grandissent vite !

Il y a de cela quatre ans, je faisais la connaissance de ce drôle de duo au Backyard, à Pétion-Ville. Michael, adolescent boutonneux – okay, j’exagère un peu – venait tout juste de prendre la décision de tout abandonner pour se consacrer à la musique et s’apprêtait à partir pour les États-Unis. Gilles annonçait sa retraite comme dj professionnel et accompagnait son protégé pour sa première entrevue à Ticket, l’aidant à mieux structurer ses réponses. Cette fois-ci, les choses se passent différemment. Désormais habitué des rencontres avec la presse, le jeune dj, qui revient tout juste de sa première grande tournée internationale qui est passée par le Canada, le Mexique, différentes villes des États-Unis et des pays d’Asie, prend en main l’entrevue. Il répond aux questions, précise et argumente tandis que Gilles suit les échanges d’un faux air distrait. Ses oreilles sont à l’affut : je n’ai aucun doute là-dessus !