Plus d’un mois après l’élimination d’Haïti de la Copa America Centenario, le président de la FHF, Yves Jean-Bart dit Dadou, accompagné du secrétaire général du bureau fédéral, Carlo Marcelin et du sélectionneur national, Patrice Neveu, s’est exprimé aux micros de la presse dans le but d’évoquer le football national dans son ensemble, entre autres, le bilan de la première moitié de la saison 2016 et la présence d’Haïti à la fête continentale aux USA.
C’est un Yves Jean-Bart confortable qui s’est présenté à la presse, le vendredi 15 juillet à Marriott Hôtel, dans le but de passer en revue le bilan de la première moitié de la saison 2016. « Haïti a été omniprésente, et ce, à tous les niveaux et dans toutes les catégories. Toutes nos sélections (filles et garçons) ont failli aller en phase finale de coupe du monde dans leurs catégories respectives. Malgré nos maigres moyens, nous sommes parmi les meilleurs de la Concacaf. Avec peu de moyens, on est monté loin et ce n’était pas un hasard la présence d’Haïti à la Copa America Centenario. En Haïti, on a pu faire jouer les différentes compétitions », a renchéri le président de la FHF.
Rappelant que la dernière venue d’une sélection mexicaine en Haïti date de 1971, Yves Jean-Bart, qui a fait l’éloge du Valencia pour avoir tenu la dragée haute face à Cruz Azul en 2013, demande au public haïtien de venir supporter le Don Bosco FC. Cependant, avant cela, il a placé un petit mot pour la compétition reine du pays : « Nous allons travailler pour harmoniser le calendrier de notre championnat national. Les mois de juin et juillet sont réservés pour les traditionnelles vacances internationales. Ainsi, le second tour débutera le week-end du 13 août. Dans la foulée, le Don Bosco FC disputera la Ligue des Champions de la Concacaf en accueillant l’équipe de Monterey (Mexique) et celle d’Arabe Unido (Panama). À ce sujet, j’invite les fans à venir encourager le représentant d’Haïti à cette prestigieuse compétition. Voir une équipe mexicaine venir jouer en Haïti, ce n’est pas rien et ce n’est pas cher payé. Cela fait belle lurette qu’aucune sélection mexicaine n'a foulé le sol d’Haïti. Vous aurez donc intérêt à faire le déplacement. N’est-ce pas le fruit de notre football, la présence du Don Bosco FC à ce niveau ? », s’est questionné Dadou qui encourage le public haïtien.
Haïti et la Copa America
Evoquant la Copa America Centenario, le numéro un de la FHF, pas satisfait des résultats, s’est montré plutôt raisonnable en disant : « On a été corrigé. On a été remis à notre place. La correction, nous l’avons eue et nous n'avons pas besoin de nous éterniser là-dessus. Le moins que je puisse dire, ça été un problème de niveau pour nous autres de la Concacaf. Honnêtement, ça été très compliqué pour nous avec les blessures de Jean Eudes, Mustivar, Jeff, Belfort et Donald. Vous l’avez vu, même le grand Mexique n’a pas échappé à cette règle. Que dire des USA face à l’Argentine ? Les Américains n’ont pas même manqué une occasion de buts. Que je sache, il nous faut batailler pour élever le niveau du football de notre zone. Il est question de mettre en place une ligue de football professionnelle dans la Caraïbe. N’est-ce pas une bonne chose ? Cependant, il faut qu’elle soit accessible aux petits pays comme Haïti. À ce titre, je peux vous le confirmer, il va y avoir des réformes dans la Concacaf, et les grosses écuries sont d’accord là-dessus », a plaidé le docteur du football qui a laissé entendre que l’argent attribué par les autorités de la Concacaf à l’équipe nationale a été dépensé au profit de cette dernière, et que le peu qui reste sera versé encore dans le développement du football.
Les mots de remerciement
Yves Jean-Bart, mécontent du comportement de tous ceux qui ont exploité l’image d’Haïti sans tenir compte de la FHF, promet de mettre de l’ordre avant de placer certains mots de remerciement : « J’ai tenu à remercier tout le monde. Outre le staff technique dans son ensemble, ils ont été tous des bénévoles. Mes remerciements vont également aux 39 joueurs présélectionnés et à ceux qui ont été à la Copa America Centenario. L’État haïtien est pour beaucoup dans notre réussite cette année même si, à la fin, ça a connu un coup d’arrêt. Le peu qu’il soit, Comme Il Faut nous a également aidés, et je tiens à le souligner. Un énorme remerciement à Saeta, car après le départ de Digicel, il ne nous reste que cet équipementier de la Colombie. Saeta est en discussion avec nous pour habiller 17 clubs (moins le Don Bosco FC) du championnat national. Nous allons supporter la moitié des dépenses. Que dire du public haïtien basé à Miami, Orlando, Seattle et New Jersey ? Je ne veux pas citer de noms. Cependant, je remercie tout un chacun qui a permis à Haïti de prendre part à cette fête continentale », a déclaré Dadou.
Révoquer Patrice Neveu ?
« Après la débâcle de 1974 en Allemagne, je peux vous avouer que ça été une grave erreur de renvoyer le staff technique. Et ça s’est répété à maintes reprises dans le cas d’Haïti. Dans ce petit jeu, je tire des leçons. Nous allons verser dans la continuité. Sous la houlette de Patrice Neveu, Haïti avait disputé sept matchs face à des adversaires mieux classés qu’elle. Les résultats, bien que difficiles à avaler, sont plus que logiques. C’est en jouant avec les grands que l’on va devenir grand. Qu’est-ce que cela aurait apporté à Haïti de jouer face à des adversaires faibles ? Notre classement à la FIFA (100e) est dû au fait que nous étions plus faibles par rapport à Brésil, Equateur, Pérou ou encore la Colombie. Il faut que vous sachiez que nous sommes à un stade d’apprentissage. On doit avoir une équipe stable. La mission de Patrice Neveu consiste à travailler dans les différentes sélections afin de les booster. Cela dit, on ne peut pas évoquer la révocation d’un entraîneur dans une telle condition », a-t-il précisé.
Haïti et les joueurs locaux
Cette conférence de presse a servi de prétexte au président de la FHF pour clarifier l’absence des joueurs locaux au sein de l’équipe nationale. « C’est un grand mensonge de faire croire aux gens que les joueurs évoluant dans notre championnat national ont le talent pour s’imposer dans la sélection A. Ils ont cruellement un gros déficit et cela à tous les niveaux. Savez-vous que nous avons sacrifié les expatriés, car en acceptant de porter les couleurs d’Haïti, ils ont réduit leurs chances de rejoindre une grosse écurie. Pour ce qui est des locaux, il faut qu’ils se remettent au travail pour avoir leur place. Il est plus facile d’arriver au sommet que de s’y maintenir. Nous allons verser encore plus dans la formation en suivant l’exemple de Club Saint-Louis qui vient tout juste de placer deux joueurs en France. Contre l’équipe olympique d’Argentine, le 24 juillet, nous allons l’affronter avec une sélection locale, composée de jeunes talents, et dans laquelle on a fait appel à des joueurs confirmés et formés en Haïti. S’ils démontrent de très bonnes choses, ils gagneront leurs places en équipe A », a expliqué Dadou.
Haïti et les échéances à venir
Si l’on se fie aux propos du président de la FHF, Haïti, qui est pratiquement hors de course pour le mondial russe en 2018, aura à disputer quatre rencontres internationales. « Entre le 2 septembre et le 9 octobre, Haïti, qui n’est pas mathématiquement éliminée de la course à la Coupe du monde de la FIFA, Russie 2018, doit jouer le Costa Rica et la Jamaïque. En raison de nos bons résultats, nous allons disputer directement le 3e tour de la Coupe Caraïbe de football en affrontant la Guyane à Port-au-Prince le 5 octobre et le 9 nous allons nous rendre à Saint-Kitts pour jouer face à l’équipe locale. Si nous passons avec brio ce tour, on va se qualifier pour la Gold Cup. En passant, je signale qu’en mai 2017, on aura la Coupe Caraïbe aux USA ».
Il en a profité pour évoquer les échéances des équipes féminines U15 et U17. « Vendredi prochain, on doit se rendre à Cayman Islands avec les U17. Au moment où je vous parle, nous n’avons pas un sou. Les U20 masculines sont au rendez-vous, elles aussi, à la fin de ce mois au stade Sylvio Cator », s’est plaint Yves Jean-Bart en guise de conclusion.
Le secrétaire général de la FHF, Carlo Marcelin, en a profité pour présenter le bilan partiel des dépenses d’Haïti à la Copa America avant de préciser que le championnat national du football féminin aura un second tour après le sacre des Tigresses. Pierre André Mirville et Monique André, membres du bureau fédéral étaient également à la conférence de presse de la FHF.
Pour sa part, le sélectionneur national, Patrice Neveu a dressé le bilan de la participation des Grenadiers dans la Copa America. Il promet de travailler pour éradiquer le mal qui gangrène notre football et donner plus de chances aux jeunes talents.
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