L’arrêté convoquant le peuple dans ses comices est publié, date est prise, les candidats se sont inscrits. Nous sommes à 72 jours de la tenue des prochaines élections. Le Conseil électoral est incapable, à ce jour, de rendre public son budget détaillé. Interrogé ce mercredi par Le Nouvelliste sur le retard pris par le CEP, le conseiller électoral Kenson Polynice a déclaré que le document est déjà prêt, que le CEP peut le donner au gouvernement à n’importe quel moment…, selon lui. Ce simple fait doit nous mettre la puce à l’oreille : soit le CEP est déjà dans une partie de bras de fer avec l’exécutif pour pouvoir disposer à sa guise de l’argent des élections, soit le CEP n’a pas les compétences nécessaires à sa disposition pour ventiler le montant de cinquante-cinq millions de dollars qu’il réclame depuis plusieurs semaines. Dans un cas comme dans l’autre, il faut s’en inquiéter. Le dernier Conseil électoral a englouti soixante-quatorze millions de dollars pour des élections inachevées qui déjà n’avaient pas de budget détaillé connu. Un budget détaillé ne nous évitera pas une nouvelle catastrophe, mais au moins on saura l’imputation des fonds faute d’en connaître l’utilisation exacte. Dans une interview accordée à la radio Magik 9 mardi, le Président-directeur général de la Unibank a parlé pour tous ceux qui se posent la question, à savoir dans quelles conditions peut-on participer au financement local de nos élections? Première exigence formulée par le patron de la première banque du pays : «Le budget (des élections) doit être détaillé et transparent ». Puisque le budget sera élaboré et exécuté par les acteurs haïtiens, le patron de la Unibank, dont l’interview sera reprise sur Magik 9 (100.9 Mhz et www.magik9haiti.com ) ce vendredi à 9h a.m. et à midi trente, ne voit pas la nécessité que tout soit porté en dollars alors que certaines dépenses vont être faites en gourdes. En cela aussi, il rejoint des interrogations de plusieurs observateurs. Le Conseil électoral de Léopold Berlanger a besoin de l’appui et du support de tous pour réaliser les élections acceptables que le pays attend. L’exécutif se doit de mettre toutes les ressources à sa disposition. En revanche, le CEP ne doit pas laisser germer le moindre doute sur ses capacités ni sur ses exigences de transparence dans la conduite des opérations qui lui sont confiées. Autant que l’on s’approchera de la date du scrutin, et ce jusqu’à la proclamation définitive des résultats, les conseillers vont et doivent marcher sur un fil, un seul, celui de la rigueur exemplaire.