Le directeur général des Presses nationales d'Haïti, Ronald St-Jean, dans une correspondance adressée en date du 2 août 2016 au président du CEP, Léopold Berlanger, a indiqué que « l’appel à candidatures internationales publié, en date du 13 juillet 2016, par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et, certainement, pour le compte du Conseil électoral provisoire, constitue une fois de plus une violation flagrante de la législation haïtienne en matière de préparation, d’édition et de publication des actes et documents de l’Etat et de ses organes ». « L’incapacité des institutions haïtiennes, privées ou publiques, ne peut être évoquée, voire servir d’argument à de telles pratiques. Bien au contraire, une telle réalité, si elle existe, doit constituer le fondement d’une nouvelle praxis tendant au renforcement des capacités et des relations entre institutions publiques et institutions privées, comme composante substantielle de la démocratie et de l’État de droit », a poursuivi Ronald St-Jean. « Cet appel à candidatures, s’il se matérialise, constituera une perte sèche pour les finances et l’économie haïtiennes, compte tenu du caractère inefficace et inefficient d’un tel investissement », a-t-il estimé. « Le temps imparti à la réalisation des élections ne peut être non plus évoqué pour fonder le choix de la production des documents relatifs à la tenue des élections », a dit le directeur des Presses nationales dans sa lettre au président du CEP, Léopold Berlanger. Pour Ronald St-Jean, « une telle initiative, Monsieur le Président, vise à nous faire perdre confiance et espérance en nous-mêmes et dans nos institutions républicaines ». Le directeur des Presses nationales, dans cette correspondance, a indiqué qu’il n’était pas sans intérêt de rappeler que « certains dispositifs légaux du décret du 4 avril 1983 portant réorganisation des Presses nationales d’Haïti, comme une entreprise publique autonome, à caractère commercial, jouissant de tous les droits, privilèges et prérogatives de sa qualité d’organisme autonome, publié dans le journal officiel de la République « Le Moniteur », 138e Année –No 37, jeudi 9 juin 1983. Les Presses nationales d’Haïti sont chargées d’exécuter pour les services publics, les différents services des Forces Armées d’Haïti, les organismes autonomes, les entreprises d’Etat et les particuliers, tous travaux d’impression, de reliure, de brochage, de typographie, de linotypie, de photogravure, de lithographie et d’édition. Il est aussi chargé de l’impression et de la publication du journal officiel « Le Moniteur » ; la lettre évoque l’article 23 stipulant que les Presses nationales d'Haïti « PNH sont exclusivement chargées de l’exécution des travaux des services publics, des différents services des Forces Armées d’Haïti, des organismes autonomes et des entreprises d’État généralement quelconques. Ne pourra prétendre à aucun paiement, l’imprimerie qui aura accepté d’exécuter un travail pour le compte des services publics susvisés, sans accord préalable avec la Direction des PNH.» Selon l’article 24, « le Département des Finances et des Affaires économiques et la Cour supérieure des comptes veilleront à ce que ne soit prise en considération aucune demande de paiement présentée par un service public, un organisme autonome, une entreprise d’État ou un service, un organisme autonome, une entreprise d’Etat ou un service des Forces Armées d’Haïti, pour tous travaux exécutés par une imprimerie autre que les « Presses nationales d’Haïti ». L’article 25 souligne que « les PNH bénéficient de la franchise douanière à l’importation, en ce qui concerne le matériel d’équipement, les matières premières ainsi que l’exemption de tous taxes et impôts généralement quelconques ». En sa « qualité de directeur général des Presses nationales d’Haïti et garant des intérêts de l’État relatifs à l’application de la législation concernant la production et la publication des actes de l’État et de ses différents organes, conformément aux articles 1, 2, 3, 7, 9, 21, 23, 24 et 25 du décret en question, Ronald St-Jean a appelé le président du CEP, Léopold Berlanger, à « une action urgente, concertée en vue du respect de la loi, des intérêts de la société visant la mise en capacité des institutions haïtiennes pour la production des matériels nécessaires à la tenue des prochaines élections ». La lettre du directeur général des Presses nationales d’Haïti dont copie conforme a été envoyée au président Privert, celui des deux chambres du Parlement, à la CSC/CA entre-autres, intervient après celle le 25 juillet de quatre imprimeurs haïtiens qui ont évoqué la volonté des décideurs de les éliminer de ce marché en utilisant plusieurs artifices. L’ouverture des plis pour l’impression des bulletins a été effectuée le 28 juillet 2016. Le nom de l’entreprise gagnante n’est toujours pas connu. Le directeur exécutif du CEP, Uder Antoine, sur Magik 9 cette semaine, a nié l’existence de manœuvres pour éliminer les imprimeurs locaux.