De Pétion-Ville à Delmas, en passant par Port-au-Prince, Cité-Soleil…, les nouveaux maires claironnent un seul refrain : les mairies sont dépourvues de tout et croulent sous des millions de gourdes de dettes. Des diagnostics qui mettent à nu la mauvaise gestion des mairies. Une mauvaise gestion qui ne date pas des cinq ans de l’ex-président Michel Martelly. Ce n’est peut-être pas exagéré de dire que les agents exécutifs intérimaires de Martelly ont donné le coup de grâce. Un personnel pléthorique et des millions de gourdes de dettes, voilà ce dont les nouveaux cartels communaux, surtout ceux de la zone métropolitaine, ont hérité 29 ans après le vote de la Constitution de 1987 qui a conféré à la commune son autonomie administrative et financière, nous sommes comme à la case départ. Sinon, on peut compter sur les doigts de la main les administrations communales qui se retirent du lot. La situation pourrait-elle être autrement quand on regarde le fonctionnement de nos mairies? Dans beaucoup de cas, le recrutement du personnel se fait dans les conditions que l’on sait. Des postes clés dans beaucoup de nos administrations communales sont confiés à des cousins, des frères, des copains ou amis. Quelle a été la dernière fois que vous avez vu quelque part une offre d’emploi pour la mairie de votre commune ? Peut-être que cette triste réalité va changer avec les cartels communaux fraîchement installés un peu partout dans le pays. Si nos mairies sont ce qu’elles sont, la faute n’est-elle pas aussi imputable aux citoyens ? On peut simplement jeter un coup d’œil sur les résultats des dernières élections municipales pour avoir la réponse. N’a-t-on pas constaté des maires des communes de la zone métropolitaine élus avec moins de 10 000 voix ? « Désengagement des citoyens dans la gestion de leur commune, manque de confiance dans les candidats, déception par rapport au bilan des cartels précédents » sont parmi les raisons qui peuvent expliquer un tel état de fait. Dans l’un ou l’autre cas, les nouveaux maires doivent trouver la bonne formule pour gagner la confiance de leurs administrés. La meilleure formule pour y arriver consiste à se mettre au service des citoyens et à divorcer d'avec la gabegie administrative et la corruption. Nous savons tous que la majorité de nos mairies évoluent dans le dénuement. Les diagnostics des nouveaux maires ne sont qu’une piqûre de rappel. Ces derniers le savaient sans nul doute avant leur élection. Hier, en campagne, ils avaient les solutions aux problèmes de leur commune. Etant sur le terrain, nous attendons qu’ils se mettent au travail et surtout qu'ils fassent mieux que leurs prédécesseurs.