Ce vendredi 5 août 2016, les Jeux Olympiques d'été de Rio de Janeiro se sont ouverts solennellement. Après une belle cérémonie toute en sons, couleurs et lumières et la parade des 207 délégations venues de 206 pays, la flamme olympique illuminera la performance des athlètes jusqu’au 21 août 2016. Il y aura 207 délégations en provenance de 206 pays parce que, pour la première fois aux JO, une équipe de réfugiés sera alignée. Cette délégation aura pour étendard le drapeau du Comité international olympique. Elle sera composée de 10 membres venus du Soudan du Sud, de Syrie, de République démocratique du Congo et d’Éthiopie. Haïti, qui a des ressortissants en situation d’apatridie et d’autres en situation délicate dans plusieurs pays de l’Amérique latine, aurait pu être représentée dans cette délégation… «Ces athlètes réfugiés n’ont pas de maison, pas d’équipe, pas de drapeau, pas d’hymne national. L’invention de cette équipe de réfugiés est un moyen de leur donner une maison au Village olympique avec tous les athlètes du monde entier», a résumé Thomas Bach, le président du CIO. Les Jeux de la XXXIe Olympiade de l'ère moderne réuniront 11 384 sportifs olympiques pendant 19 jours de compétition qui les verront s’affronter dans 306 épreuves, dans 28 sports (42 disciplines), sur 32 sites disséminés dans la baie de Rio. En tout, 2 488 médailles d’or, d’argent et de bronze seront remises aux athlètes. Si Pierre de Coubertin, le père de l’olympisme moderne, n’a jamais prononcé la belle formule « l’important, c’est de participer », il lui revient d’avoir fixé la devise des Jeux Olympiques modernes, composée des trois mots latins « Citius, Altius, Fortius » qui signifient « plus vite, plus haut, plus fort ». C’est dans cet esprit que depuis 1896 les athlètes donnent le meilleur d’eux-mêmes, allant jusqu’à se doper pour atteindre records et renommée. Haïti avec ses 10 athlètes, n’a pas la prétention de décrocher des médailles ni de battre des records en 2016. Nos gloires d’antan comme Constantin Henriquez qui remporta une médaille d’or en rugby et une en argent pour le tir à la corde à Paris, en 1900, en concourant sous les couleurs de la France, Ludovic Augustin, Destin Destine, Eloi Metellus, Astrel Rolland, Ludovic Valborge qui remportèrent une médaille d’argent à Paris en 1924 en tir par équipe et Sylvio Cator qui remporta une médaille d’argent en saut en longueur à Amsterdam en 1928, sont loin et n’ont pas été remplacés. Sylvio Cator eut même la joie d’être détenteur du record du monde du saut en longueur avec un saut de 7 mètres 937, réalisé en 1928, quelques semaines après sa médaille olympique. Son exploit demeure encore de nos jours le record national dans cette discipline. Aucun Haïtien n’a égalé la performance de celui dont le stade national de football porte le nom. Faute de record, nous aurions pu avoir des prestations honorables, mais à chaque fois que les Jeux Olympiques reviennent, nous saute à la figure la pauvreté de notre paysage sportif. Mis à part le football, quelles sont les disciplines sportives qui suscitent de l’engouement en Haïti et ont des compétitions dignes de ce nom avec des adhérents dans des fédérations organisées? Comment aller « plus vite, plus haut, plus fort » si on ne pratique même pas, si on ne cherche plus la performance ni si on se lance aucun défi ?