Elle était longtemps attendue cette déclaration en préparation depuis le passage du ministre des Affaires étrangères à l’OEA le 20 juillet dernier. Portée par les pays de la Caricom, elle vient de réaffirmer la position de l’organisation hémisphérique en faveur de la poursuite et la clôture du processus électoral selon le calendrier du Conseil électoral provisoire. Après considérations et rappels, le Conseil permanent de l’OEA déclare que « tous les acteurs politiques et sociaux d’Haïti doivent assumer pleinement leurs responsabilités et prendre toutes les mesures nécessaires pour achever le processus électoral avec la tenue d’élections libres, justes et transparentes le 9 octobre 2016 et, si nécessaire, d’un second tour le 8 janvier 2017 ». Dans la déclaration rendue publique par ses services de presse, l’organisation dit « exhorter les autorités compétentes d’Haïti à prendre des décisions concernant la gouvernance provisoire, conformément à l’article 7 de l’accord du 5 février 2016, afin de promouvoir l’organisation d’élections générales aux dates prévues». Après l’adoption de la déclaration par acclamation, le chef de la délégation permanente d’Haïti à l’OEA, l’ambassadeur Jean Victor Harvel Jean-Baptiste, a pris la parole en commençant par remercier tous les États membres qui ont contribué à l’élaboration de la déclaration. Avec un coup d’oeil spécial sur les pays de la Caricom qui, dit-il, ont accordé une attention particulière au texte de la déclaration. « Permettez-moi, au nom du gouvernement haïtien, de réaffirmer l’engagement, qui a été présenté ici devant le Conseil permanent par le chancelier haïtien, de réaliser des élections libres, honnêtes et transparentes dans les dates prévues par le calendrier décidé par le Conseil électoral provisoire », a déclaré l’ambassadeur Jean-Baptiste en présence des représentants des différents États du continent. « Soyez-en-assurés : le premier tour de l'élection présidentielle se fera le 9 octobre prochain et un second tour, si nécessaire, le 8 janvier 2017, a poursuivi l’ambassadeur avant de tacler les détracteurs. Permettez-moi, pour finir, de vous demander de ne pas accorder d’importance aux manipulations de la fausse information que cherchent à faire véhiculer certains secteurs. Les sirènes d’intoxication de l’opinion ne doivent aucunement nous détourner de l’essentiel. » L’organisation hémisphérique suit de très près l’évolution de la situation en Haïti et a multiplié les actions ces dernières semaines. Le 20 juillet dernier, c’est le ministre des Affaires étrangères, Pierrot Délienne, qui s’est rendu personnellement à Washington pour présenter au Conseil permanent l’état d’avancement du processus électoral. « Le seul agenda de l’actuelle administration en Haïti, c'est d’organiser les élections et de passer le pouvoir à un président élu le 7 février 2017 », a réitéré l’ambassadeur Jean-Baptiste au Conseil permanent. Il y a un peu plus d’une semaine, l’organisation régionale avait sorti un rapport détaillé sur le processus électoral en Haïti. L’OEA en avait profité pour confirmer qu’elle observera les élections du 9 octobre prochain. Après avoir présenté un long diagnostic, l’organisation hémisphérique a fait des recommandations claires aux autorités haïtiennes pour empêcher que les irrégularités enregistrées lors des élections de l’année dernière se reproduisent dans les prochaines joutes. En application de la charte démocratique interaméricaine et sur la demande des autorités haïtiennes, le Conseil permanent affirme qu’il demeurera saisi de la situation en faveur du renforcement des institutions et du processus électoral dans ce pays.