Après plus de cinq ans de dénégations, de tergiversations, d’atermoiements, l’Organisation des Nations unies reconnaît du bout de la langue qu’elle a une part de responsabilité dans le retour et la propagation du choléra en Haïti plus d’un siècle après le dernier cas enregistré au pays.
« L’Organisation des Nations unies a une responsabilité morale envers les victimes de l’épidémie de choléra et celle d’aider Haïti à la surmonter et à mettre en place des systèmes sains d’adduction d’eau, d’assainissement et de santé », lit-on dans un communiqué publié ce vendredi.
Cela a pris six ans aux Nations unies pour se faire une raison…
C’est en octobre 2010 que des diarrhées mortelles ont commencé à frapper la population haïtienne. Avant que l’on identifie la cause du mal et qu’on prodigue les premiers conseils, des centaines de morts avaient été comptabilisés dans les départements du Centre et de l’Artibonite.
Depuis, c’est tout le pays qui a été atteint. On déplore plus de dix mille décès, près d’un million d’infectés et on ne peut chiffrer le coût inestimable que représente la dégradation de l’image du pays vérolée par le choléra importé par les soldats de la mission de maintien de la paix déployés sur notre territoire par les Nations unies.
L’Onu, qui était venue nous aider, nous a enfoncés dans la fange.
En donnant la parole au Dr Jean William Pape, le scientifique, à Maître Mario Joseph, l’avocat des victimes et à Eric Jean-Baptiste, le seul leader politique qui a fait de la lutte contre le choléra son cheval de bataille, Le Nouvelliste, dans son édition du jeudi 18 août, a choisi trois héros de la lutte contre le choléra.
Avec eux, le journal a fait le tour des solutions souhaitables pour Haïti : il nous faut disposer de doses de vaccins en quantité suffisante pour permettre à toute la population de ne plus attraper le choléra, car le cas haïtien a permis de démontrer que la solution vaccinale est efficace. Il faut dédommager les victimes et leurs parents, car des torts ont été commis. Il faut aider le pays à se doter d’infrastructures plus adéquates.
Ces trois options vont de pair et aucune n’est suffisante. L’eau potable et l’assainissement ne sont pas pour les anciennes victimes et le dédommagement ne prémunira pas les prochaines victimes. Il faut les trois solutions dans un seul paquet.
En fin de mandat, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon cherche à se donner bonne conscience et ne souhaite pas laisser derrière lui les traces d’un forfait qui entache son mandat, il faut que le pays lui parle d’une seule voix.
Malheur aux institutions, aux ministres, aux responsables qui se feront avoir parce que l’on miroitera devant eux la possibilité de quelques millions de dollars d’aide.
L’aide de l’ONU à Haïti, avec les milliards de la Minustah et de la reconstruction d’après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, on sait comment cela se passe : il est plus vite dépensé que le temps que met une personne atteinte de choléra à se vider de son eau.
L’ONU veut sortir de la fausse aisance du déni en reconnaissant enfin sa part et en cherchant des compensations à accorder aux victimes et à Haïti, Il faut que cela se passe bien. Soyons sérieux et vigilants.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.