La prestigieuse université jésuite de Georgetown, à Washington, l'une des plus anciennes aux Etats-Unis, fondée en 1789, a promis jeudi des excuses officielles pour la vente de 272 esclaves dont elle a tiré profit en 1838, proposant en compensation de faciliter l'admission de leurs descendants.
Concrètement, la compensation pourrait prendre la forme d’une discrimination positive, ce qui signifie que les descendants seront "pris en considération de la même manière" que les candidats dont les parents sont d'anciens élèves de Georgetown, a précisé l'université dans un communiqué.
La plupart des universités privées américaines favorisent en effet l'admission des candidats dont les parents sont diplômés du même établissement, rappelle l’Agence France Presse dans une dépêche.
La vente d’esclaves, dont une partie des recettes, qui équivaudraient à environ 3,3 millions de dollars aujourd'hui, avait été utilisée pour régler des dettes de l'établissement, a enrichi cette université comme d’autres universités américaines telles que Brown, Columbia ou Harvard qui ont déjà reconnu publiquement avoir participé au commerce d'esclaves.
Un peu partout aux Etats-Unis, des travaux historiques permettent aux institutions et aux entreprises de redécouvrir leur passé et de réparer les torts causés dans différents domaines à plusieurs minorités. Cela se fait sans contrainte de l’Etat américain mais sous la pression de groupes organisés de la société américaine.
En Haïti, les travaux de recherches historiques ne sont pas encouragés. On cultive même une méconnaissance totale du passé dans des couches de plus en plus importantes de nos élites, tant le système éducatif dans lequel baignent les élèves est disparate.
L’histoire immédiate aussi nous échappe. Deux grands amis d’Haïti, le Venezuela et le Brésil, connaissent des soubresauts politiques graves.
Qui a suivi l’immense manifestation organisée par les opposants au président Nicolas Maduro à Caracas ce jeudi? Un million de personnes étaient dans les rues. L'opposition vénézuélienne appelle à deux nouvelles journées de mobilisation pour exiger un référendum contre le président Nicolas Maduro.
Qui a suivi les péripéties de Dilma Rousseff au Brésil? Après un long processus de destitution, elle a été écartée du pouvoir. Ce jeudi, l'ex-présidente brésilienne contre-attaque et fait appel auprès de la Cour suprême pour demander un nouveau procès.
Au Gabon, le président Ali Bongo, fraîchement réélu à l’issue d’une présidentielle dont les résultats sont contestés, condamne les violences postélectorales qui ont fait trois morts. A la différence que nos dernières élections ne s’étaient pas achevées et que nos présidents ne peuvent pas être candidats à leur immédiate succession, il y a des leçons à tirer de l’expérience gabonaise pour Haïti.
Le passé et le présent nous échappent. Mais nous espérons quand même passer au travers de nos problèmes. Pas étonnant que nous tournons perpétuellement en rond, occupés à essayer de rattraper nos ombres.
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