Les spécialistes des maladies infectieuses à l'Université de Floride disent qu'ils ont confirmé l'existence du virus Mayaro chez un patient en Haïti. Le virus est étroitement lié au virus du chikungunya, mais les chercheurs disent qu'ils ne savent pas encore s'il est causé par le même moustique Aedes aegypti qui est lié à chikungunya et au virus zika. «Nous ne sommes pas sûrs », a déclaré le Dr John Lednicky, un professeur associé à l’Université de la Floride dans le département de la santé environnementale et mondiale du Collège de la santé publique et des professions de la santé. « Beaucoup de moustiques différents peuvent porter le même virus. » Lednicky, qui dirige le laboratoire de l’Université de la Floride en Haïti, a déclaré que le virus Mayaro a été découvert pour la première fois à Trinité-et-Tobago en 1954, et a été à l'origine des épidémies en Amérique du Sud, principalement en Amazonie. Il provoque des symptômes similaires à chikungunya: fièvre, douleurs articulaires et musculaires, éruptions cutanées et douleurs abdominales. « On peut dire qu'il est aussi mauvais que le chikungunya, mais il y a si peu d'informations disponibles », a-t-il confié au Miami Herald. « Peut-être qu'il a été en Haïti tout ce temps et que personne n’a vérifié. » Les chercheurs ne savent pas si le cas confirmé signale le début d'une nouvelle épidémie dans la région des Caraïbes, a encore déclaré Lednicky au Miami Herald. Ils ne savent pas si le virus va être répandu en Haïti où le virus zika a été difficile à suivre à cause de la faiblesse du système de santé du pays. «Nous aimerions faire beaucoup plus, mais nos moyens sont limités», a-t-il ajouté. « Nous aimerions vraiment aider en Haïti ... et vérifier lesquels des moustiques sont porteurs de ce virus. » C’était Lednicky et son équipe de chercheurs qui, plus tôt cette année, ont annoncé que le virus zika était présent dans l'hémisphère des mois avant que cela ait été confirmé au Brésil en mars 2015. Le virus était en Haïti dès 2014, ont-ils fait savoir, citant des échantillons de sang prélevés en décembre 2014. Le laboratoire a commencé à surveiller les cas de fièvre de chikungunya après son éclosion en Haïti en avril 2014 et a recueilli des échantillons de sang des écoliers dans la région Gressier / Léogâne, au sud-ouest de Port-au-Prince, où est situé le laboratoire. Lednicky a déclaré que le nouveau virus Mayaro était différent de ce qu'ils ont trouvé en 2014. « Le virus que nous avons détecté est génétiquement différent de ceux qui ont été décrits récemment au Brésil, et nous ne savons pas encore s’il est unique en Haïti ou s’il est une souche recombinante de différents types de virus Mayaro », a-t-il indiqué. Jeudi, l'Université a annoncé que le « National Institute of Health » avait accordé plus de 1,75 million de dollars pour étudier le virus zika. Le financement appuiera la recherche en cours du laboratoire sur le zika en Haïti. « Un tout petit geste», a déclaré Lednicky. «Beaucoup plus d'argent serait utile. C’est très difficile de procéder à ce genre de travail et de le faire bien, sauf si vous avez beaucoup de financement, et vous devez également former les gens à faire ce travail. » En plus du financement du NIH, Bernard Okech, professeur agrégé au Département de l'Environnement et de la Santé mondiale, a reçu un prix de 100 000 dollars de l'USDA pour approfondir ses recherches sur les moustiques qui transmettent le virus zika. Il étudie au laboratoire d’Haïti les maladies transmises par les moustiques. « Non seulement nous faisons beaucoup de recherches sur le virus zika, mais pour la première fois nous obtenons également des prix pour soutenir cette recherche», a déclaré le Dr J. Glenn Morris, directeur de « Emerging Pathogens Institute. » «Les fonds que nous recevons pour soutenir nos recherches sur les épidémies zika dans les Caraïbes vont nous aider à commencer à comprendre le risque pour la Floride. » Source Miami Herald