À côté des monuments historiques comme la Citadelle Henry, ceux des héros de Vertières, les ruines du Palais Sans-Soucis, les Fort Jacques et Alexandre, l’ancien Palais national et le musée du Panthéon national, les cartes postales d’Haïti vantent favorablement et dans une large mesure les attraits de nos littoraux, des belles plages paradisiaques du terroir. La mer est présente presque partout dans l’histoire et le vécu d’Haïti. D’autres diraient qu’Haïti et la mer sont tout simplement inséparables. Normal, pour une presqu’île couvrant quelque 27 750 km2, disposant de 1 771 km de côtes. Tout porte à croire que l’économie haïtienne ne saurait en aucune façon ignorer une si grande richesse.
Même si la fièvre électorale n’atteint pas encore son paroxysme à l’approche des prochaines joutes prévues au 9 octobre, les candidats à la présidence, en particulier, se montrent de plus en plus et sortent leurs armes et leurs « stratégies » pour gagner sitôt le jour arrivé. Mais, allez savoir combien d’entre eux ont accordé dans leurs programmes, si programmes il y en a, une place prioritaire à l’économie maritime. À la face du monde, le tourisme international axé sur le balnéaire n’est certes pas aussi prisée comme dans les années 60-70. Néanmoins la mer tient toujours une grande part dans l’économie mondiale.
Les pays qui n’ont pas de littoral comme la Bolivie, l’Arménie, la République Tchèque, le Mali, l’Afghanistan… pour ne citer que ceux-là, donneraient leurs yeux pour un bras de mer. Rien que pour jouir de ces facilités économiques et ces multiples douceurs. Pourtant, en Haïti, les habitants, faute d’informations, par ignorance ou même par méchanceté, exploitent sans foi ni loi les ressources maritimes, quand ils ne se servent pas de cette énorme richesse naturelle comme un vulgaire dépotoir. Dommage.
Le grand bleu est l’objet de toutes les convoitises à ceux qui n’en ont pas. Au-delà de la pêche, du tourisme balnéaire, exploité tant localement ou internationalement comme c’est le cas de Labadie ou des hôtels de la Côte-des-Arcadins ou même la navigation très peu répandue en Haïti, il y a lieu de faire différemment. La mer tel que nous en disposons est tellement vaste, offre tant de possibilités que nous aurions l’embarras du choix. Il semble que nous avons fait le choix de l’embarras. Pas une institution d’État, ni secrétairerie d’État, ni même une institution privée qui fait autorité. Pas non plus de politique de la mer, ni même de lois qui protègent les ressources halieutiques- ressources vivantes animales et végétales des milieux aquatiques marins ou d’eau douce, exploitées par l'homme.
Haïti n’a pas toujours accordé une grande place à la mer, à l’exploitation des ressources maritimes dans son économie présentement asphyxiée par la sous-production, le manque d’investissements. Et que dire de la contrebande, des distorsions du marché, l’absence d’une saine concurrence. Les pays qui s’y sont tournés ont tous opté pour la croissance à long terme, pour la diversification et surtout pour le développement durable. Une filière professionnelle entièrement consacrée aux métiers de la mer ne serait pas de trop pour notre presqu’île en manque d’emplois décents.
Dans la perspective de la fin des gisements pétroliers dans le monde et dans le contexte de la transition énergétique, l’exploitation des énergies renouvelables a bonne presse. La mer d’Haïti est exploitable comme partout ailleurs avec quelques spécificités géographiques et climatiques que les moyens technologiques permettent d’optimiser pour produire l’électricité. Combien vaut le domaine maritime d’Haïti ? Qui va sensibiliser les politiques et la société civile afin d’élaborer un plan viable pour une exploitation efficace de la mer, du littoral et du fonds marin ?
Chers candidats, voilà un terreau fertile et vierge qui ne demande qu’à être exploité. À l’heure où la manne de l’assistance étrangère se fait rare et que PetroCaribe ne représente plus ce qu’il était il y a une décennie, la mer offre cette nouvelle opportunité d’explorer d’autres sphères de production de ressources afin de palier nos carences de fonds et renflouer nos creux budgétaires. Étonnez-nous, messieurs les candidats!
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.