L'ouragan Matthew qui se promène dans la Caraïbe et menace Haïti est devenu vendredi soir un ouragan de catégorie 5 sur l'échelle de Saffir-Simpson qui en compte 5. Le centre américain de surveillance des ouragans (NHC) le qualifie d'"extrêmement dangereux". La protection civile haïtienne a lancé une pré-alerte tempête de niveau jaune. La première définition disponible sur Internet explique que l'échelle de Saffir-Simpson a été formulée en 1971 par l'ingénieur Herbert Saffir et le météorologue Robert Simpson, deux Américains. Elle sert à graduer les cyclones, les ouragans et les typhons. L'échelle de Saffir-Simpson tient compte de la vitesse des vents, des dégâts possibles, de la pression barométrique et de l'augmentation du niveau de la mer. Les effets de Matthew devraient se faire sentir sur Haïti entre samedi et lundi. Le Sud-Est, le Sud et la Grand'Anse sont les régions du pays les plus à risque. Mais connaissant notre pays, toute pluie, en quelque partie que ce soit du territoire, peut devenir une catastrophe, quel que soit le nombre de millimètre d'eau déversés ou la force des vents qui l'accompagnent. Nous sommes fragiles. Un ouragan de force 5 peut provoquer des dégats de mineurs à moyens, de gros dommages en bord de mer, des arbres arrachés, de graves dégâts aux petites constructions en bord de mer, des toits arrachés, de graves dégâts sur la côte et à l'intérieur des terres, jusqu'à des effondrements d'immeubles emportés par des vents de plus de 250 kilomètres / heure. En un mot, tout Haïti est à risque avec le passage de Matthew au large de nos côtes cette fin de semaine car il culminera tout ce qu'un ouragan peut avoir comme forces destructrices. Quelque désastreux que puissent être les dégâts que le cyclone provoquera la première semaine de l'année fiscale, le rendez-vous du deuxième dimanche d'octobre est encore plus à craindre, car de loin plus potentiellement dangereux si les élections ne se passent pas correctement. En réponse au passage d'un ouragan, on édicte des mesures d'urgence, de secours, d'assistance et on enclenche la reconstruction de ce qui est endommagé pour pourvoir à des réparations ou à des remplacements de biens individuels ou d'infrastructures publiques. Pour cela, il faut des institutions qui marchent, des responsables aux postes clés et une vision. Le 9 octobre, si nous ratons les élections, si nous nous perdons encore dans des contestations sans fin, si nous n'élisons pas des élus responsables, porteurs de mandats légitimes, aucune des mesures de redressement post catastrophe ne pourra être mise en oeuvre. Nous allons revenir aux plans d'urgence bidonnés, à cinq ans de tergiversations et de turbulences, avec des institutions faibles et inaptes. Quel que soit son potentiel de destruction, Matthew doit être le cadet de nos soucis tant l'avenir peut être sombre si le 9 octobre un cyclone renverse les urnes ou en fait sortir des calamités portant habits d'élus.