« Nous maintenons les échéances consignées dans l’actuelle calendrier électoral jusqu’à la publication d’un nouveau calendrier », a confié au Nouvelliste le président du Conseil électoral provisoire, Léopold Berlanger, ajoutant que la campagne électorale fermera comme prévu ce 7 octobre. Nous ne pouvons pas, sous le coup d’un évènement inattendu, nous passer des dispositions, comme s’il n’y avait plus aucun ordre », a-t-il poursuivi.
Le parti Fanmi Lavalas ne voit pas la décision du CEP d’un bon œil et a écrit au président du Conseil. « Il se révèle impossible de fixer une date de clôture de la campagne électorale sans que le jour du scrutin soit établi. En le faisant, le Conseil électoral provisoire favoriserait des formations politiques fortunées qui poursuivraient leur campagne sous le fallacieux prétexte d’actions humanitaires », écrit Fanmi Lavalas dans la correspondance portant la signature de son avocat, Gervais Charles.
Pour argumenter sa position, maître Charles avance que « l’article 114 du décret électoral prévoit que la période de la campagne électorale est celle précédant tout scrutin durant laquelle les candidats, partis et groupements politiques font la promotion de leur programme en vue de mobiliser l’électorat. L’article 114.1 établit la compétence du CEP pour fixer le début et la fin de la campagne électorale. Elle prend nécessairement fin à une période proche du scrutin pour établir la sérénité nécessaire pour les opérations de vote ».
«Je vous prierais, Monsieur le Président, de reconsidérer cette décision hâtive et arbitraire qui serait lourde de conséquences. Chaque candidat et chaque parti ont [par contre] l’obligation de faire appel à leur bon jugement sur la forme et l’ampleur à donner à leur campagne dans cette période d’affliction et de désolation », a fait savoir plus loin Gervais Charles, qui aimerait voir le docteur Maryse Narcisse poursuivre sa caravane de dignité.
Dans un communiqué rendu public jeudi, le Conseil électoral provisoire a confirmé que « suite aux dégâts causés par le passage de l’ouragan Matthew, affectant considérablement les activités de terrain du Conseil électoral, notamment dans les départements des Nippes, du Sud et de la Grand’Anse, le scrutin qui devait se tenir le 9 octobre 2016 est reporté ».
Pour expliquer sa décision, le CEP souligne que la dégradation de certaines infrastructures routières et la mobilisation parallèle des agents de la PNH dans le cadre des nouvelles urgences ont perturbé leur déploiement et l’acheminement des convois des matériels électoraux à travers le territoire. Dans la péninsule du Sud, beaucoup d’établissements scolaires publics qui devaient héberger les centres de vote servent dans certains cas d’abris provisoires. Dans d’autres cas, ils sont sévèrement endommagés ou sont hors d’état de fonctionnement en raison de la perte de leur toiture emportée par la violence de l’ouragan.
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