Les plaies laissées par le cyclone Matthew dans plusieurs régions du pays sont loin de se cicatriser. Dans le grand Sud comme dans les autres zones meurtries par la catastrophe, les appels à l’aide résonnent encore très fort. Comme si cela ne suffisait pas, les pluies qui se sont abattues sur le pays depuis trois jours ont provoqué des inondations dans le département du Sud. De quoi aggraver la situation d’une population qui ne se remet pas encore des dégâts de Matthew. Des inondations qui vont mettre à mal la reprise des activités dans le grand Sud et retarder les tentatives de secourir les sinistrés dans les coins les plus reculés. Il n’y a pas de doute que le choléra, dans de telles circonstances, va gagner du terrain, d’une part. D’autre part, la réouverture des classes et la tenue des élections dans ces régions deviennent plus compliquées. Un tableau sombre qui nous donne raison de dire que la nature s’acharne contre nous. Dans une telle conjoncture, il devient urgent d'appliquer la bonne formule pour assister les sinistrés. Pourtant, il semble que nos hommes et nos femmes politiques ne comprennent pas encore la gravité du problème. Des juges de la Cour de cassation qui ne trouvent mieux à faire que de revendiquer le fauteuil présidentiel, des sénateurs de la République qui rabaissent leur fonction avec une histoire de gifle en sont la preuve. Comme le tremblement de terre du 12 janvier 2010, le cyclone Matthew n’interpelle pas nos dirigeants. Ils ne voient pas encore la nécessité de s’unir pour tenter de changer le cours de l’histoire. Le cyclone Matthew, qui a ravagé les départements du Sud, de la Grand’Anse et des Nippes, nous montre à quel niveau nous sommes démunis. Nous n’avons même pas la capacité de garantir la distribution de l’aide que l’international nous apporte. Pourtant, le gouvernement avait promis de contrôler le travail des ONG pour éviter le fiasco de l’après 12 janvier 2010. Malheureusement, Matthew n’est pas la dernière catastrophe que le pays connaît. Comme hier et aujourd’hui, nous ne serons pas prêts à affronter la prochaine catastrophe. Sauf si nos hommes politiques acceptent de se mettre ensemble dans l’intérêt du pays.