Dès l’accession à la paternité, on se sent différent et on le devient. On n’est plus le même. Cependant, avec le temps et plus le temps passe, l’on développe l’envie de proximité avec les enfants des autres. Par exemple, l’on croise un jeune homme, une jeune fille, l’on se met insensiblement à faire un glissement de paternité. Du genre : «Il aurait pu être mon fils», «Elle aurait pu être ma fille». Si on ne se contrôle pas, une exclamation s’échappe. Trahissant une confusion, un embarras. Or, c’est devant le petit écran que se précise l’élan qui porte à sympathiser avec un jeune joueur ou une jeune joueuse, surtout s’il (si elle) fait ses premiers pas dans le circuit professionnel. L’on voit Gaël Montfils, Joe-Wilfrid Tsonga ou Ana Ivanovic. Du coup perce l’admiration. Il en était ainsi à la vue de Jennifer Capriati, de Steffi Graff et de Gabriela Sabatini. Le sentiment paternel étant communicatif, l’on se surprend à désirer le triomphe de chacun d’eux (chacune d’elles) sur le court. Il y a de la puissance dans leur jeu et tout autant l’on ne peut s’empêcher de relever leur vulnérabilité. Quand l’un chute en voulant attraper une balle excentrée, l’on prie intérieurement (en tout cas, l’on souhaite) pour qu’il n’y ait pas de bobos. Au-delà de ces peurs imaginaires, il y a de l’attention admirative, ça ne va pas jusqu’au débordement fanatique. Puisqu’on met de la retenue en tout. La vérité tient en ce que nous ne voulons pas voir souffrir notre idole. L’idée des malheurs qui s’abattent sur l’idole est insupportable à son admirateur. Souvenons-nous du mercredi 13 février 2008, Ronaldo chute, se blesse grièvement, alors ses nombreux admirateurs se mettent à trembler. Il se pourrait que cette troisième fois, «Il Fenomeno» ne se relève pas de cette épreuve et ne rejoue plus. À son âge, la gravité de son cas inquiète. Pour autant, l’admiration ne va pas jusqu’à l’identification filiale. Ronaldo étant un grand monsieur, ayant déjà eu une vie personnelle assez mouvementée. Il n’empêche que, dans le cœur des fans, il occupe une grande place. Pour son talent, il le mérite bien. La même appréhension est perceptible pour Ariel Robben. Le virevoltant ailier droit a fait les beaux jours du Bayern Munich. En juillet 2014, la Hollande se hisse en finale, le potentiel offensif de Robben y est pour beaucoup. Mais depuis la saison 2014 2015, des blessures en cascade l'éloignent du terrain de jeu. Avec amertume, l'on voit venir le moment où, la mort dans l'âme, il devra raccrocher les crampons. Le sport est ainsi. Sur les courts et les terrains de jeu, les athlètes donnent à admirer l’étendue de leur talent. Quand arrivent les coups du sort, les fans sympathisent. Tout cela parce que rien d’humain ne leur est étranger.