Pour expliquer la brillante prestation des jeunes pousses en terre étrangère, Yves Jean-Bart, visiblement très satisfait, a fait savoir : « Un seul mot suffit comme explication...Le travail dans le sens large du mot; celui de toute la famille du football, celui des anonymes éducateurs des écoles de football qui sont désormais un acquis national et de poids. C'est totalement nouveau dans le football national. En 1979 lorsque M. Lescouflair a lancé la première école au Racing Club Haïtien, puis Patrice Dumont avec EFPAD, c'était une curiosité. Au fait, désormais, c'est partout dans le pays jusque dans les sections communales. Il y a une prise en charge chaque jour plus qualifiée des jeunes... et si, au début, c'était "payant", De nos jours, c'est totalement gratuit ; mieux certaines des écoles comme TORO, SHANA, ASTT, ASCOLI…ont une belle présence internationale qui initie nos jeunes à la compétition internationale très tôt », a-t-il expliqué.
Pour ce qui est du Centre FIFA Goal, il ne tarit pas d’éloges pour le travail effectué là-bas : « Le reste, bien sûr, c'est le travail dans une philosophie de saine émulation entre nos talents à l'intérieur de notre centre de formation. Nous avons en quelque sorte récupéré le projet de l'école de talents du ministère en y ajoutant une énorme passion, en y associant les clubs pour la compétition. Contrairement au projet du ministère, nous avons mis plus d’affection et plus de proximité des jeunes avec la famille du football. En gros, nous travaillons très durement; les garçons viennent de réaliser ce que nos filles avaient fait comme razzia la saison dernière ».
En termes de projection, le docteur du football dit : « Je suis sûr et vous verrez qu'en l'année 2017, nos filles vont tout rafler; les difficultés surgissent lorsque nous arrivons au tour final de la Concacaf ... Mais en sport, c'est ainsi, il faut travailler toujours avec patience, bien gérer ses ressources en ayant constamment dans un coin de la tête ses rêves et ses ambitions ».
Il en a profité pour appeler au secours ceux qui ont les moyens : « Notre situation est encore plus délicate avec un manque criant de moyens financiers; nos jeunes ne mangent pas, par exemple, comme on le souhaite; ils ne travaillent pas suffisamment la musculation et ils ne jouent pas au niveau international en dehors des sélections nationales. Cette année, nous avons eu la chance de trouver un apport substantiel de l'Etat même si nous avons perdu Digicel, mais on a vu que les résultats ont suivi ».
A cela, Yves Jean-Bart ajoute en guise de conclusion : « Paradoxalement, nous disons que si nous ne pouvons changer la misère du pays, nous devons tirer le maximum de la situation des parents qui nous donnent ou nous confient leurs enfants toute l’année. Nous avons ainsi une chance d’avoir nos talents toute l'année, ce qui n'est pas possible dans d'autres pays. Si nous trouvons un minimum de ressources, nous ferons des merveilles même au niveau senior parce que les meilleurs (deux ou trois par an) émergeront dans le très haut niveau et nous permettront d'être compétitifs au niveau A; nous avons d’ailleurs commencé cette ascension qui sera lente, mais sûre, parce que nous avons l'essentiel, les joueurs ».
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