Martine Blanchard, la maman d’Artisanat en fête, pour reprendre Frantz Duval, est celle qui a pris la parole en premier parmi les artisans à la conférence de presse de lancement de la 10e édition ce mercredi. Elle se souvient comme aujourd’hui des premiers pas. Elle détenait le projet mais elle cherchait des institutions capables de l’aider dans la mise en œuvre. Poussée par René Max Auguste, elle a frappé à la porte du quotidien de la rue du Centre. Après maintes discussions, Max Chauvet, Martine Blanchard et Frantz Duval ont donné naissance à l’aventure baptisée Artisanat en fête. « Effectivement, un jour, j’ai vu cette belle femme débarquer à mon bureau, venant me vendre un concept autour de l’artisanat, de la vente de l’artisanat, confie le directeur du Nouvelliste Max Chauvet, sous les regards remplis d’émotion de Martine. Elle était pourtant tombée sur un Frantz Duval moins enthousiaste qui avoue avoir été réticent à se lancer dans l’affaire. Mais elle était tenace, a reconnu le rédacteur en chef du Nouvelliste parlant de Martine Blanchard. « Elle a su me convaincre de même que Frantz Duval, et voilà nous avons créé ce partenariat qui dure depuis 10 ans », a confié Max Chauvet, qui, visiblement ne regrette pas d’avoir accepté de monter à bord. « 10 ans, c’est beaucoup. On a connu beaucoup de difficultés et on a appris, a témoigné Martine Blanchard, qui dit parler avec son cœur et avec amour traduisant la passion propre aux créateurs. Elle a salué les artisans « qui reviennent chaque année, qui continuent de travailler malgré les difficultés imposées faute de matériels de financement ». « Artisanat en fête est une plateforme que les artisans ne peuvent pas rater, a témoigné l’artisane Carline Sévère. C’est la plus grande foire où les artisans peuvent partager leurs talents et leurs réalisations avec le public ». Celle qui a su montrer fierté et gratitude à l’endroit des organisateurs reconnaît avoir ressenti une sensation particulière à l’approche de ce rendez-vous. C’est comme un booster pour les artisans, a dit Carline Sévère, qui, par son élégance, a illuminé le panel des artisans. « On n’arrêtera jamais de remercier Artisanat en fête pour son support aux artisans », a dit pour sa part Sandra Rousso. La passionnée de peinture sur tissus, qui sera encore au rendez-vous cette année, a fait l’éloge de son métier. L’artisanat, c’est une passion, c’est à la limite de la folie, a martelé Sandra Rousso. On se demande vraiment si on n’est pas des maso, des malades pour continuer comme ça ». Elle reconnaît que c’est Artisanat en fête qui crée l’appétit chez elle et ses collègues artisans. « Artisanat en fête nous force à créer, à faire de la nouveauté parce qu’il y à ce challenge qui est là devant nous chaque année », a-t-elle poursuivi. 10 ans plus tard, Artisanat en fête s’est imposé comme la plus grande vitrine de la création haïtienne. L’artisan haïtien a fait tomber les frontières. « Aujourd’hui, tous ceux qui visitent Haïti voient dans l’artisanat le secteur le plus créatif, où il y a le plus de potentiel, a révélé Frantz Duval. Selon le rédacteur en chef du Nouvelliste, actuellement il y a des chiffres qui démontrent que beaucoup plus de personnes travaillent dans le secteur de l’artisanat que dans la sous-traitance. Ils travaillent, exportent et ne vivent que de ça ». Pour Max Chauvet, Artisanat en fête fait partie de ces images positives que diffuse le pays à l’extérieur. « Lorsqu’on parle du made in Haiti, du made in Haiti créatif, on parle de l’artisanat. C’est une filière importante, créatrice de richesse, qui mérite d’être encouragée, a dit le directeur du Nouvelliste. Les organisateurs de l’évènement ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Faire la promotion de ce secteur sera encore la priorité de ce grand rendez-vous annuel. « L’objectif d’Artisanat en fête est de donner cette visibilité, de donner conscience à nos dirigeants que c’est une filière qui doit être encouragée ».