Les Haïtiens sont appelés aux urnes le dimanche 20 novembre pour élire un président de la République, compléter les législatives de l’année dernière et élire 16 sénateurs sur 30. Des élections qui vont se tenir dans un contexte difficile où le pays fait face à d’énormes défis après le passage de l’ouragan Matthew et les inondations dans le département du Nord. Nos faibles infrastructures ont été mises à rude épreuve ces dernières semaines. Il est à espérer que le gouvernement et ses partenaires gagnent la course contre la montre engagée pour que les départements ravagés par Matthew soient prêts pour accueillir les élections.
Réparer et rendre accessibles les centres de vote est une chose, motiver les électeurs pour qu'ils aillent remplir leur devoir civique en est une autre. Candidats et électeurs sont démotivés par ce processus électoral qui traîne en longueur. La campagne électorale n’a pas jusqu’ici retrouvé son ambiance d’avant Matthew. Des candidats, qui même en temps normal gardaient un profil bas, ont disparu de la scène. Ils abandonnent ainsi le terrain à ceux qui ont les moyens. Ce qui illustre bien une réalité que l’on sait déjà : on ne gagne pas les élections avec les mains vides. La campagne électorale l’a bien démontré. Il faut au moins un bon slogan.
À la veille du 20 novembre, les autorités haïtiennes donnent la garantie que toutes les dispositions sont prises pour que les élections se déroulent dans de bonnes conditions. Ce qui n’empêche pas que des doutes légitimes planent encore sur le scrutin. N’a-t-on pas le droit de se demander comment le processus va se dérouler dans les départements frappés par Matthew ? Les électeurs sont-ils encore motivés ? N’est-ce pas des questions légitimes quand on regarde l’ambiance électorale ? Par-dessus tout, il y a la question de météo qui retient l’attention. Si dans le passé on identifiait les bandits armés comme la principale menace contre le scrutin, c’est aujourd’hui la pluie qu’il faut redouter. On croise les doigts pour que le temps soit clément avec nous le jour du vote.
En dépit des inquiétudes, les joutes de dimanche prochain gardent tout leur suspens. Si des candidats à la course à la présidentielle ont désisté sans le dire, d’autres sont bien partis pour remporter la compétition. Même en l'absence de sondage fiable, les prétendants à la magistrature suprême les mieux placés sont connus.
Dans cette interminable course électorale, le pays a beaucoup à perdre, beaucoup à gagner aussi. Les candidats en pole position représentent un pan de notre passé récent dont nous ne sommes pas fiers. Le dilemme du vote de dimanche prochain sera de choisir le candidat qui est prêt à divorcer avec les pratiques et les groupes qui nous ont conduits dans le bourbier où nous sommes aujourd’hui.
Les élections de dimanche prochain sont cruciales pour l’avenir du pays tant les enjeux sont de taille. Elles se tiennent dans un contexte où la pauvreté, les problèmes environnementaux, l’insécurité, l’insalubrité des rues, la corruption, nous rendent la vie dure. Ceux qui nous demandent de voter pour eux le 20 novembre prochain sont tous au courant de nos attentes. En campagne électorale, ils ont la solution à tous les problèmes identifiés. Comme c’est toujours le cas, qu’ils ne crient point leur incapacité après le vote.
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