Après les excuses tardives du secrétaire général sortant de l’ONU, Ban Ki-moon, à Haïti pour le rôle joué par l'institution qu'il dirige dans l’introduction du choléra dans le pays, c’est le tour du président Jocelerme Privert de solliciter la constitution d’une task-force pour réfléchir sur le mode de dédommagement des victimes de l’épidémie. L’effort et le courage des personnalités et organisations qui agitent cette question sur le plan national et international vont-ils enfin payer ? Trop tôt pour le dire. Cependant, que l’ONU s’excuse publiquement, que le président Privert pense à créer un groupe de travail sur la question de dédommagement des victimes du choléra, c'est un pas important. On se souvient que Ban Ki-moon depuis le début de l’épidémie du choléra en Haïti avait nié toute responsabilité de l’organisation mondiale dans l’introduction de la maladie dans le pays. Et les autorités haïtiennes, pour de multiples raisons, tournaient sept fois leur langue dans leur bouche quand elles devaient aborder la question sur la tribune des Nations unies. Déjà 10 000 morts et quelque 700 000 personnes contaminées, c’est énorme pour Haïti qui est visiblement désarmée face à la maladie. Pour les 10 000 vies emportées, pour les orphelins du choléra, pour les veufs et les veuves de la maladie, pour tous ceux qui portent en eux les séquelles de l’épidémie, les excuses de Ban Ki-moon doivent être suivies d’action. L’Etat haïtien doit accompagner les victimes pour qu’elles trouvent justice. Dommage que la liste des victimes continue de s’allonger, surtout dans les zones qui ont été dévastées par Matthew il y a deux mois. Les choses ont bougé un peu aujourd’hui; il n’y a pas encore cependant de quoi se réjouir. Car, Privert et Ban Ki-moon sont en fin de mandat. Ce sont leurs successeurs respectifs qui vont décider de donner suite ou non à leurs engagements envers les victimes du choléra. Tout dépendra aussi de la capacité d’Haïti à défendre l’intérêt de ses fils et de ses filles qui payent un lourd tribut au choléra. Les futurs dirigeants, qui prendront les rênes du pays prochainement, feront-ils de ce dossier une priorité ? Attendons voir. En attendant de trouver la bonne formule pour dédommager les victimes, il est urgent de prendre des mesures pour stopper la propagation de la maladie surtout après chaque pluie. Cela exige de trouver les moyens pour permettre à chaque Haïtien d’avoir accès à l’eau potable et vivre dans un environnement propre. Voilà l'un des chantiers qui attendent le prochain président du pays.