L’industrie vestimentaire haïtienne bénéficie de nombreux avantages (accès aux États-Unis en franchise de droits de douane, proximité avec les acheteurs américains, salaires relativement bas et réglementations favorables du travail), note ce rapport datant de mars 2015. Toutefois, le secteur compte pas mal de faiblesses également (manque de cadres intermédiaires haïtiens rendant l’embauche d’expatriés onéreuse, longs délais d’approvisionnement en tissus, une alimentation énergétique aléatoire et certaines lois du travail désuètes entravent également l’expansion de l’industrie). « La disponibilité des ressources en eau et le traitement des eaux usées des usines demeurent un obstacle majeur à l’investissement en Haïti, en particulier dans le secteur de l’habillement […] L’absence d’installations de distribution d’eau et d’assainissement bloque tout investissement potentiel dans les opérations de teinture de tissus. Plusieurs usines sont actuellement alimentées en eau par camions-citernes», fait remarquer le rapport. L’industrie vestimentaire haïtienne est à un tournant décisif. Sans investissements considérables dans les infrastructures, y compris les usines de production d‘énergie, les installations de production et de traitement d’eau et des bâtiments industriels viabilisés, la capacité du secteur à attirer des investissements supplémentaires est sérieusement limitée. En ce sens, l’auteur de ce rapport estime qu’il est urgent que le gouvernement haïtien trouve des sources de financement pour le développement des infrastructures et se dirige enfin vers de grandes réformes. L’industrie vestimentaire représente aujourd’hui à elle seule 90% du total des exportations d’Haïti. En 2000, les exportations haïtiennes de vêtements atteignaient $250 millions. Grâce à la loi HELP, les exportations de vêtements ont atteint $700 millions en 2011. En 2014, elles ont atteint $855 millions. Fin 2014, il y avait 24 fabricants de vêtements en masse pour l’exportation. Des visites d’usines estiment à environ 35 000 le nombre de travailleurs actuellement employés par ces producteurs, chiffre proche des 36 000 publiés officiellement. Pour que l’industrie vestimentaire soit durable et qu’elle se démarque de cette image de travail bon marché, il lui faut viser un plus large éventail d’articles vestimentaires. L’industrie devrait également envisager la fabrication et l’assemblage des produits (Full Package), tout en ajoutant davantage de décorations sous forme de broderie, de pièces, de cordons, de sequins, de perles, d’impression sur vêtement et de lavage de vêtements. Entre autres recommandations, ce rapport préconise l’amélioration des infrastructures industrielles, l’installation des stations de production et de traitement d’eau, l’amélioration de la structure de formation des travailleurs débutants et des cadres intermédiaires, d’autres initiatives visant à encourager les investissements, la prorogation des lois HOPE, le financement des fabricants de vêtements, la création au sein de l’Association des industries d’Haïti (ADIH) d’un groupe de travail distinct pour s’occuper de l’Association d’exportateurs d’articles vestimentaires et la réforme de certaines lois sur le travail.