L’arrestation et le transfert vers les USA de Guy Philippe, sénateur élu, ont fait des vagues. L'accord de 1997 a été dénoncé, l'article 41 de la Constitution brandi pour dénoncer le transfert de l'ex-chef rebelle, ex-commissaire. Au Parlement, des alliés de Guy Philippe ne jurent que par la tête du ministre de la Justice, Me Camille E. Junior, supporté par le président Jocelerme Privert et le gouvernement Jean-Charles. En attendant le verdict du tribunal fédéral de la Floride sur le sort de Guy Philippe qui a plaidé non coupable des charges de trafic de drogue et de blanchiment des avoirs, il est clair qu'il n'est pas le seul sur la liste des transférés. Entre 2002 et 2017, sous les présidences de Jean-Bertrand Aristide, Boniface Alexandre, de René Préval, Michel Martelly et Jocelerme Privert, les autorités haïtiennes ont transféré au moins 80 personnes aux autorités américaines à cause de leur implication présumée dans le trafic de drogue. Cette liste, faite sur la base des dossiers de la BLTS par le RNDDH, comporte une quarantaine d’Haïtiens, huit Américains, quatre Colombiens, six Bahaméens, deux Jamaïcains et un ressortissant du Honduras, Lobo Lobo Fabio Porfirio, fils d’un ex-président du Honduras. Sous Jean-Bertrand Aristide, Jacques Ketan, Sergo Edouard, alias Sergo Persévérance, Elliobert Jasmin, alias Eddy One, Fourel Célestin, ex-président de l’Assemblée nationale, figurent sur la liste, ainsi que d’autres Haïtiens, dont des gradés de la PNH comme Lesly Lucien, ex-dg de la PNH ou Oriel Jean, ancien chef de l’Unité de sécurité présidentielle (USP). Il y a eu des condamnés, au moins un acquitté et d’autres qui ont purgé leur peine et sont revenus au pays.