Dimanche soir, la majorité des téléspectateurs ont découvert les derniers moments du concours Miss Univers. L’émotion était à son comble quand, d’étape en étape, la représentante d’Haïti, Raquel Pélissier, s’accrochait parmi les choisies. Notre représentante se retrouva finaliste avec Miss France. À ce moment, plus personne en Haïti, comme dans la diaspora, ne douta un instant que la Miss Univers serait elle. Une Haïtienne au sommet du monde, se mit à rêver tout le monde avant que le verdict du jury ne décidat de donner la couronne à la Française.
Cela fait quelques années que, de concours en concours, nous n’assistons pas au tirage. Nos Miss restaient derrière une frontière de verre qui les empêchait d’accéder au podium. Cela avait décontenancé plus d’un. Puis, il y a eu ce scandale d’une organisation à gros budget qui n’avait pas pensé à récompenser celle qui portait nos couleurs. Ah! les concours qui ne sont pas au service de la beauté ni de la réputation d’Haïti ont failli nous faire rater le rendez-vous de ce dimanche 29 janvier.
Il a fallu la détermination d’une petite équipe, le dévouement d’une famille et l’investissement personnel de Raquel Pélissier pour que le nom de notre pays soit porté au plus haut du palmarès du concours Miss Univers 2017. Raquel a sans doute appris des déconvenues de toutes celles qui l’ont précédée et a su mener sa barque à bon port et notre fierté avec.
Que cet heureux accident de ce dimanche de janvier fut agréable! Que ne donnerait-on pas pour que de tels accidents se renouvellent le plus souvent possible!
Que donne-t-on ? Rien, justement. Et c’est là que le bât blesse.
Deux entreprises, une publique, l’ONA, et la MSC Traiding, sont seules parmi les sponsors de la Miss. Le ministère du Tourisme a brillé encore une fois par sa capacité à «prendre roulib» et à ne pas tenir ses promesses.
Quelles leçons faut-il tirer de cette brillante participation d’Haïti au concours Miss Univers ? Qu’il faut réunir ceux qui ont participé à des concours avec l’arme de leur volonté ces dernières années, leur donner des moyens et les laisser choisir nos représentantes à l'échelle nationale.
De grâce, ne redonnez plus jamais à l’État ou à ses représentants le pouvoir de décider ni de dépenser quand il s’agit de bien représenter Haïti à l’étranger? L’État doit fournir les fonds et l’accompagnement protocolaire. C’est tout. Pour le reste, laissez faire ces dames.
En janvier 2017, comme en janvier 2016 avec la sélection nationale de football et sa qualification pour l’édition de la Copa America Centenario, des Haïtiens et une Haïtienne nous ont fait rêver. Que L’État se mette au service de ces heureux accidents pour qu’ils soient plus fréquents! c’est tout ce que nous souhaitons.
Et comme le dit Gaelle César dans cette édition de Ticket "qu'on cesse à chaque fois, d'espèrer la victoire en oubliant les sacrifices nécessaires pour y arriver".
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