Dimanche, on a beaucoup parlé de l’élection de Miss Univers qui s’est déroulée en fin de soirée. La belle aventure de Raquel Pélissier aux Philippines a éclipsé le dernier épisode des élections haïtiennes. Nos scrutins errent sur les rails de la démocratisation depuis la publication du décret électoral de mars 2015. Enfin, toutes les élections directes au suffrage universel sont complétées. Pour le moment, les postes électifs de président, sénateurs, députés, maires, Casec, Asec et délégués de ville seront d’ici quelques semaines occupés par des élus. Une grande première depuis le siècle dernier car en 2006 on n’a pas réalisé toutes les élections locales. L’inhabitude de tenir des élections pour ce niveau de représentation a-t-elle créé dimanche, pendant toute la journée, la grande confusion qui a régné pour savoir quel bureau de vote devait permettre d’élire Asec et délégués de ville ? Il faut dire que dix-sept ans sans les élire avait fait perdre la mémoire de leur existence. Pire, le découpage territorial est des plus incertains en Haïti. Dire où commence chaque commune pose des problèmes. Délimiter les sections communales dans les communes relève de la magie. Quand en plus on doit trouver où sont les limites de la ville de Port-au-Prince ou de Delmas vis-à-vis de leurs sections communales, cela devient encore plus compliqué. Dire que toutes les élections sont complétées dimanche est un manquement au respect de la Constitution. Les élections au suffrage universel sont complétées, il reste les élections indirectes à faire. Si on les réalise au complet, le pays sera enfin doté des assemblées municipales, des assemblées départementales, des conseils départementaux et du conseil interdépartemental qui pourra participer au Conseil des ministres pour représenter le plus haut degré de l’exécutif. Le Conseil électoral de Léopold Berlanger, pour accomplir parfaitement son mandat, doit réaliser ces élections indirectes afin de permettre au pays de bien choisir tous ses élus. Cette tâche accomplie, on pourra enfin dire bravo pour cette mouture du CEP. Ah, il restera un dernier détail avant de claquer le B.R.A.V.O. final. Pour les sénateurs, on ne connait pas avec exactitude la durée de leur mandat. Les certificats remis aux élus ne mentionnent pas cette information cruciale, source de nos prochains probables tourments électoraux.