La première décision du président Jovenel Moïse qui concerne la population a été d’annoncer la programmation du carnaval dans une ville de province différente chaque année pendant son mandat et de concéder l’organisation d’une des éditions à Port-au-Prince.
Comme pour beaucoup d’autres initiatives du président qui sera investi le 7 février prochain, c’était sans compter avec les réticences naturelles de ceux qui sont sur le terrain bien longtemps avant lui.
Après son échec de placer son homme à lui à la présidence du Sénat de la République, Jovenel Moïse s’est vite retrouvé pris en tenaille entre sa promesse faite aux Cayes et le carnaval de Port-au-Prince dont la mairie avait déjà lancé les activités. En faisant le jugement de Salomon, le président élu a convenu avec les maires concernés que les deux villes auront leur carnaval à la même date. Est-ce la meilleure option ?
Faire le carnaval de Port-au-Prince en même temps que se tient dans une autre ville un carnaval national, les deux soutenus par les fonds du Trésor public, est un gaspillage de ressources et d'ambiance évident parce que les deux camps ne se sont pas assis pour planifier la fête.
Le vrai gaspillage n’est pas de tenir deux carnavals, l’un aux Cayes, l’autre à Port-au-Prince, la dissipation de nos maigres ressources est de les tenir à la même date.
Depuis des années, il y a une édition de carnaval national à Jacmel un week-end avant celle de Port-au-Prince. Une semaine plus tard, la capitale faisait sa fête avant que le président Michel Martelly ne bouscule la tradition. Les deux festivités se sont toujours très bien complétées. Et comme Jacmel est une ville festive, pour les trois jours gras, il s’y tient un autre carnaval avec les atouts du Sud-Est comme seule parure.
Pour le mandat de Jovenel Moïse, si la priorité présidentielle est d’organiser des carnavals en province, il serait bien d’envisager un étalement des festivités au lieu du carambolage que nous nous apprêtons à vivre. Pourquoi on n’envisage pas de tenir en province, dans une ville autre que Jacmel, une édition du carnaval un ou deux week-ends avant ou après celle de Port-au-Prince? Et puis annoncer dès maintenant s’il y aura un carnaval des fleurs pour que les dispositions soient prises par tous. Si nous aimons le carnaval, chacun pour ses raisons, si la prochaine administration veut en faire son cheval de bataille, cessons au moins de rechercher la pire des solutions en la matière.
Si des experts en carnaval décident d’en faire le plus possible par an, faisons cela bien et tout de bon.
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