Les fans d’Enposib étaient sceptiques à l’idée que le groupe allait produire sa première méringue carnavalesque. Mais Medjy Toussaint, chanteur vedette de la bande, n’est pas du même avis. « Poukisa pou n pa ta fè kanaval ? », demande-t-il en haussant un sourcil. « Le carnaval, c’est la plus grande fête populaire du pays, je ne comprends pas la philosophie qui nous empêcherait d’y participer », continue t-il, nonchalant.
Pour la deuxième fois en moins d’un an, Medjy est dans les locaux de Ticket pour une entrevue. Il y rencontre ce vendredi ses confrères du groupe Kaï. La maison est surchauffée avec les musiciens qui n’arrêtent pas d’y déambuler, mais le chanteur est assis tranquille, dans un coin, attendant son tour. « Le carnaval n’est pas une mince affaire », avoue t-il quand on lui demande pourquoi cet air posé. « 12 heures de studio d'affilée pendant plusieurs jours pour accoucher des idées, produire, défaire, recommencer... Ouf ! Je suis crevé », explique le nouveau chouchou des jeunes filles. Baptisée « Anyen pa Enposib » et sortie le jeudi 2 février, la méringue fait son petit bonhomme de chemin chez les jeunes et sur la bande FM.
« Christian Surréna a fait les premières bases de la méringue », raconte Medjy. « Je n’étais pas en Haïti mais à mon retour, j’ai trouvé un squelette assez intéressant et on a vraiment commencé à travailler à partir de là », poursuit l’interprète de Chay. Si on écoute attentivement les paroles qui s’enchaînent, il n’y a pas vraiment de thème original. Du social, un peu de patriotisme, des réprimandes pour les aînés et bien sûr, slogans et taquineries. « Je ne voulais rien de grivois ni de métaphore. Certains musiciens avaient pensé à des mots à double sens, mais je m’y étais carrément opposé. Les enfants doivent pouvoir chanter et danser ma méringue sans aucuns soucis », fait comprendre Medjy.
En ce qui a trait à la vidéo, elle a été tournée le week-end écoulé. « Alex Coffy est le réalisateur et on va essayer de faire dans l’originalité ». Ce sera aussi l’occasion pour les fans du groupe d’apprendre « An penpan », la danse inventée par Enposib. « C’est une danse venue de la Nouvelle-Orléans. Dans les enterrements là-bas, il y a des fanfares qui font bouger les gens. Au lieu de pleurer et d’être triste, on chante et on danse. On va essayer de recréer ces scènes », annonce Medjy. Surveillez donc vos petits écrans cette semaine pour savoir comment vous mettre « An penpan ».
Les 26, 27 et 28 février 2017, le carnaval national aura lieu dans la capitale et dans la ville des Cayes, jusqu’à nouvel ordre. Enposib veut, bien entendu, un char sur un de ces parcours. « Oui je veux un char. Mwen sèten ke tout fanatik nou yo ta renmen wè nou sou tèt cha a, ap byen pase (rires). Donc on n’a aucune raison de refuser un si beau cadeau », avoue Medjy en riant. Sans être « béton », « Anyen pa enposib » a le potentiel de devenir la méringue des enfants. En attendant, le groupe donne rendez-vous au grand public le samedi 11 février à l'hôtel Marriott avec le chanteur antillais Jim Rama. L'album live et la vidéo de Domino sont, quant à eux, attendus pour mars 2017.
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