Le premier ministre Enex Jean-Charles a remis sa démission ce jeudi. Dans une lettre rendue publique, il a fait ses adieux. En faisant ce geste, M. Jean-Charles met le président Jovenel Moïse à l'aise pour choisir son premier ministre à lui. Le PM sortant devra cependant gérer les affaires courantes jusqu'à l'installation de son successeur. La messe est dite pour EJC, mais il doit rester en poste. La messe semble être dite aussi pour Cholzer Chancy. Tous les augures le donnent premier ministre. Il a l'onction de tous les blocs au Parlement, lui qui avait été réélu président de la Chambre des députés par acclamation de ses pairs. Comme souvent dans le processus de nomination d'un premier ministre, le pénitent doit attendre que tout le processus soit achevé avant de se lever et de mettre fin à sa genuflexion devant toutes les forces en présence. La messe semble être aussi dite pour le président de la République. Bien avant son élection, on avait, ici et là, déjà choisi son Premier ministre pour Jovenel Moïse tant la cote du député d'Ennery était fabuleuse. Nombreuses sont les voix qui s'opposent à ce qu'elles considèrent comme la capitulation de l'exécutif devant le législatif. Elles oublient qu'un président du Sénat à déjà occupé le poste de premier ministre. En déposant son chapeau de président de l'Assemblée nationale pour endosser le costume de premier ministre, Yvon Neptune avait ouvert la voie au compagnonnage exécutif-Parlement. Cela n'avait pas plongé le pays dans un changement de régime. Le président Jovenel Moïse, quels que soient les cas de figure, - avec Cholzer Chancy ou un autre candidat - restera président et le Premier ministre le Premier des ministres. Pas plus. Jovenel Moïse a le temps de prendre sa décision. Le temps de trouver les arbitrages qui répartiront les postes clés sans que le coeur du pouvoir politique ne change d'adresse pour passer du Champ de Mars au Bicentenaire. Contrairement à tout ce que l'on peut penser, la messe n'est jamais dite pour un président. C'est lui le célébrant principal. C'est à lui de dire la messe et seules ses erreurs peuvent pousser un enfant de choeur à lui voler la vedette.