Haïti a ratifié l’accord de Paris sur le climat. Le pays formalise ainsi les engagements qu’il avait pris à Paris en décembre 2015 lors de la COP21 et à la signature de l’accord à New York par l’ancien président Jocelerme Privert en avril 2016. En ratifiant l’accord de Paris, qui doit prendre le relais du protocole de Kyoto en 2020, Haïti s’engage à travailler, à côté du reste du monde, à maintenir le réchauffement de la planète au-dessous de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle. Les États insulaires comme Haïti, qui sont les plus menacés par la montée des eaux, en devraient être les premiers bénéficiaires. Maintenir le seuil d’augmentation de la température au-dessous de 2°C est un objectif ambitieux, mais pas impossible à atteindre comme le démontre l’ensemble des Contributions prévues déterminées au niveau national (CPDN) soumises en prélude de la COP21. Cela exige cependant de grands moyens financiers et une volonté politique des pays industrialisés et émergents à allier développement économique et protection de l’environnement. C’est tout un changement de paradigme. Les pays en développement comme Haïti ont aussi leur partition à jouer dans cette bataille qui n’est pas gagnée d’avance. À Paris, Haïti a pris l’engagement de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 5% à 31% d’ici à 2030. Pour y arriver, le pays exige une enveloppe de 25,387 milliards USD, dont 16,614 milliards USD pour les projets d'adaptation et 8,773 milliards USD pour les actions d'atténuation. Sur quelle base a-t-on fait le calcul ? Qui va nous donner cette somme colossale sachant que nous ne sommes pas le seul à convoiter les fonds promis par les pays riches aux petits pays qui sont les principales victimes du réchauffement de la planète ? Petit pays émettant une faible quantité de gaz à effet de serre, Haïti est pourtant l’une des principales victimes de ce phénomène. La facture payée en perte en ressources humaines et matérielles aux multiples catastrophes naturelles des dernières décennies est lourde. Permettre à Haïti d’accéder à des fonds verts pour réhabiliter son environnement, ce sera justice. Avec ou sans l’aide des pays riches, Haïti doit trouver la bonne formule pour arrêter la dégradation de son environnement à défaut de le réhabiliter. Cela contraint les dirigeants de trouver une alternative au charbon de bois, de contrôler la coupe effrénée des arbres, d’aménager le territoire et de procéder à une meilleure gestion de nos déchets, dont les objets en plastique qui pourrissent notre quotidien. Voilà quelques-uns des défis que le nouveau président Jovenel Moïse et le futur gouvernement qu’il va installer doivent relever. Stopper la dégradation de notre environnement n’est pas une option, mais une obligation. Sinon les investissements qu’effectuera Jovenel Moïse dans l’agriculture et les infrastructures seront de l’argent jeté par la fenêtre comme c’est le cas depuis les dernières décennies.