Auréolée de deux titres de champion national (2005 et 2013), l’AS Mirebalais, qui a disputé en 2014 la CFU Championship, est en grande difficulté. À ce sujet, le trésorier de l’équipe a fait savoir : « Nous sommes en train d’expérimenter une très grave crise. Au fait, les difficultés de début de saison persistent pour l’AS Mirebalais. Voyez-vous, à une semaine du coup d’envoi de la saison, l’équipe n’a toujours pas repris l’entraînement vu que les caisses de l’AS Mirebalais sont vides. On a tenté à maintes reprises de réaliser l’assemblée générale ordinaire du club. Cependant, aucune personne n’a fait signe de vie », a clairement expliqué Mackendy Joseph.
Une réunion de sauvetage
En effet, fondée le 16 août 2000, l’AS Mirebalais n’a connu jusque-là aucun changement en termes de membres dans son comité exécutif. « En fait, depuis 17 ans, ce sont toujours les mêmes visages au sein du comité directeur du club. Fort souvent, on a procédé par changement de postes, mais ce sont encore les mêmes personnes. Pour tenter de sauver ce qui peut l'être, on a planifié avec la famille de l’équipe une ultime réunion pour ce jeudi 23 février. À l’issue de laquelle, on saura si l’AS Mirebalais disputera la nouvelle saison ou si l’équipe n’existera plus », a-t-il laissé entendre.
Absence des autorités locales
S’exprimant à propos des autorités locales, du public et d’éventuels sponsors, Mackendy Joseph n’a pas mâché ses mots pour fustiger le comportement des élus locaux : « Ces autorités oublient qu’il existe une équipe de football qui s'appelle AS Mirebalais. Elles ne se soucient pas du club. En raison de la situation catastrophique du parc Saint-Louis, on a décidé, l’an dernier, de disputer nos rencontres au centre sportif Bayas, situé à quelques kilomètres de la ville. Pour se rendre là-bas, le public doit payer des frais de transport. Et, en plus, on a décidé de faire jouer les matchs à 3 heures. La pelouse synthétique de Bayas et les murs qui ne sont pas trop loin dégagent à cette heure une chaleur insupportable. Dans la soirée, le centre ne dispose pas d’une génératrice de secours. En termes clairs, le centre sportif Bayas ne fait que compliquer notre tâche. Pour toutes ces raisons, le public ne fait plus le déplacement pour assister à nos rencontres », s’est plaint Mackendy.
Il ajoute : « Depuis le retrait de la Digicel du football et de Zanmi lasante qui avait l’habitude de voler au secours de l’AS Mirebalais, l’équipe est livrée à elle-même. Nous souhaitons avoir l’aide financière de tout un chacun, la famille sportive de l’ASM en particulier pour éviter la disparition de l’équipe. »
La nouvelle saison
Pour ce qui a trait à la nouvelle saison qui débutera le 4 mars, Mackendy Joseph, inconfortable et d’un air inquiet, dit : « Depuis la création de l’AS Mirebalais, on a démontré qu’on a la mentalité de gagnant. Ce n’est pas par hasard qu'on a remporté le championnat national de D1 dès notre première saison dans l’élite du football national en 2005. Dans la foulée, on a remporté, entre autres, le Super 8 et disputé la CFU Championship 2014. Cela dit, on n’a pas l’habitude de faire le figurant dans les compétitions où nous avions décidé de participer. Cependant, cette année, on ne peut pas nourrir de grandes ambitions. J’ose espérer qu’on va trouver une porte de sortie pour que l’équipe survive et dispute la compétition reine du pays ». Tel est le souhait du trésorier de l’AS Mirebalais.
Arrivées et départs
L’AS Mirebalais est complètement inactive sur le marché des transferts si l’on se fie à son trésorier : « On ne peut pas oser parler d’arrivées au sein d’une équipe qui n’a même pas repris l’entraînement. L’an dernier, trois étrangers jouaient avec nous (Therson Philippe, Mama et Gougouse). On a essayé d’établir le contact avec eux. Cependant, on ne peut pas leur demander de revenir, car ils sont restés cinq (5) mois sans être payés. De façon honnête, on ne peut pas leur garantir que s’ils viennent, on va leur offrir de quoi manger chaque jour. Depuis plusieurs années, on a opté pour une équipe régionale. Au fait, ce sont des fils de la ville qui évoluent au sein de l’équipe. Ils ont été contactés par d’autres clubs, mais solidarité régionale oblige, ils manifestent leur désir de rester au sein du club. Même cas de figure pour le staff technique. Jean-Claude Josaphat, en raison de sa nouvelle fonction au sein de la sélection, ne sera pas disponible à plein temps pour l’équipe. Sous sa supervision, les autres membres du staff, Renel Louis, ancien capitaine du club et André Pacombe, membre fondateur, vont assurer le travail de coaching », a-t-il fait remarquer.
Justice pour Harold Fédé
Assassiné par balle et enterré deux mois après, l’enquête ne fait que continuer sur le dossier de l’ex-pièce maîtresse de l’AS Mirebalais. « Sous les ordres du cabinet d’instruction de Saint-Marc, le cadavre de Harold Fédé était resté deux mois à la morgue pour autopsie. Jusque-là le dossier avance à grand pas. Cependant, après l’enterrement de Harold, la famille Fédé et l’AS Mirebalais continuent de réclamer justice, car les autorités n’ont rien fait à son sujet. Nous profitons pour demander que suite soit donnée à cet acte affreux », a plaidé Mackendy Joseph en guise de conclusion.
Il est à signaler que la prestigieuse équipe de l’AS Mirebalais, en voie de disparation, débutera la nouvelle saison de la compétition reine du pays, si tout se passe bien, le 5 mars en affrontant hors de ses bases son homologue, le Tempête FC (Saint-Marc).
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