Jovenel Moïse commence à mettre ses empreintes sur le pouvoir. Il multiplie nominations et arrêtés. Le dernier arrêté de Jovenel Moïse, annonçant un train de mesures pour lutter contre la corruption et réduire les dépenses de l’État, est vu comme une rupture avec les anciennes administrations de Michel Martelly et de Jocelerme Privert. C’est une hypothèse qui reste à confirmer quand on sait que Jovenel Moïse est élu sous la bannière du PHTK, le parti de Michel Martelly. En outre, des cerveaux de l’administration Martelly sont dans la cuisine de l’actuelle administration.
Les mesures annoncées par l’administration Jovenel / Lafontant, notamment fixer les per diem des autorités pour les voyages à l’étranger et à l’intérieur du pays, publier la liste des membres des cabinets des membres du gouvernement, empêcher l’utilisation des véhicules de l’État en dehors des heures de travail…sont applaudies même en dehors du cercle des supporteurs du président Jovenel Moïse. En attendant son application, l’arrêté s’attaquant aux privilèges des fonctionnaires de l’État est un bon coup de pub pour le chef de l’Etat critiqué pour certaines de ses nominations.
Prendre les mesures est une chose, les faire appliquer en est une autre. Jovenel Moïse doit le savoir pour être le poulain de l’ancien président Michel Martelly. On se souvient des multiples mesures mort-nées prises par l’administration Martelly/Lamothe. L’administration Moïse/Lafontant va-t-elle faire mieux ? La lutte contre la corruption va-t-elle enfin être une réalité ? L’État va-t-il cesser d’être une vache à lait pour être au service des citoyens ? Les fonctionnaires publics sauront-ils enfin qu’ils sont au service des citoyens ?
Les mesures annoncées par Jovenel Moïse ne pourront pas à elles seules moderniser l’État, mais leur application peut constituer un premier pas vers la réforme de l’administration publique tant souhaitée par les citoyens. Chaque centime, chaque gourde économisée peut sauver des vies dans les hôpitaux publics ou encore garantir un meilleur apprentissage dans les écoles. Pour y arriver, il faut que la guerre contre la corruption aille plus loin que la signature. Le président Moïse doit donc faire mieux que ses prédécesseurs qui confondaient la bonne gouvernance avec la création d’institutions sans jamais leur donner les moyens de fonctionner.
Chez nous, faire partie du pouvoir ou être haut fonctionnaire de l’État est synonyme de jouissance. On vit aux frais de la princesse sans aucune obligation de résultats. Avec son arrêté sur les subventions publiques et celui sur les privilèges dont jouissent les fonctionnaires de l’État, Jovenel Moïse veut changer certaines choses. L’intention est bonne. Il faut attendre la volonté pour les faire appliquer.
Voir les deniers publics dépensés dans la transparence, les fonctionnaires de l’État – hauts et petits – devenir des serviteurs et non des VIP auxquels le pays doit tout est un rêve bafoué depuis 1804. Le pays sera reconnaissant envers l’administration Moïse/Lafontant si elle arrive à faire de ce rêve une réalité.
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