L'Association des industries d’Haïti (ADIH) est une vieille association. Elle aurait dû être le fer de lance de la modernisation du pays dans les années 80. Le support à la démocratisation dans les années 90. Le cerveau et le moteur de la croissance économique depuis l'an 2000. Dans les faits, les hommes politiques et l'histoire mouvementée de ce pays ont mis K.O. l'Association des industries d'Haïti plus d'une fois. L'ADIH n'a pas pu, n'a pas su prendre le gouvernail ni avoir le souffle pour résister aux bourrasques. L'ADIH n'est pas non plus un mort de plus dans la longue liste des associations, partis politiques, cercles et chambres de commerce qui ont tenté de se faire porte-paroles de la société civile ou des hommes d'affaires. Elle a résisté. Le malade bouge encore. Elle a même des ambitions. Dans deux rendez-vous fixés cette semaine, l'Association va mettre sur le tapis la question du tarif douanier et celle de la création d'emplois. Il faut dire qu'il est question ces jours-ci dans les cercles gouvernementaux de protéger l'appareil productif d'Haïti avec un relèvement des barrières tarifaires. L’État rêve de revenus plus conséquents en douane et le tarif est le bouclier parfait et l'arme idéale pour y parvenir. Ce qui sera dit lors de la conférence de ce jeudi indiquera dans quel sens veulent aller les autorités et comment les derniers producteurs du pays pourront les y aider. La dernière bataille de l'ADIH et d'une partie de la Chambre de commerce visait à porter l’État à combattre la contrebande, à surveiller la frontière terrestre. Cela fut sans résultat probant. Cela ira-t-il mieux cette fois ? L'autre sujet qui intéresse l'ADIH est la création d'emplois en Haïti. Une conférence est prévue vendredi sur le sujet. Comme pour la perception des taxes, autant la thématique est vitale pour l'avenir du pays, autant les autorités, depuis des décennies, ne se penchent pas sur la question. Il faut dire qu'ici, c'est le commerce qui est roi. Commerce et commerçants sont rois dans un pays qui produit peu. Exporte peu. N'est pas une zone franche ni une plateforme logistique. Allez comprendre... L'ADIH va tenter de mener deux batailles essentielles. Il y a de quoi réveiller un mort ou tuer toute espérance. L'administration Moïse-Lafontant va-t-elle, comme ses devancières, faire comme si elle se bat pour changer les choses dans le bon sens où cherche-t-elle le sens du vent pour s'en mettre plein les voiles ?