Les pontes de l’Association des industries d’Haïti et les poids lourds du secteur de la sous-traitance textile ont animé en commun, vendredi, un point de presse. Les représentants des parcs industriels de la région métropolitaine et de province étaient présents. Pour un secteur vieux de plus de cinquante ans, c’est un fait assez rare qui mérite d’être souligné.
La sous-traitance, ce monde opaque des factorys, préfère, préférait jusque dans un passé récent, rester dans l’ombre, en sortir seulement pour se défendre, pour résister ou pour demander.
Cette fois, l’ADIH propose. Promet. S’engage. 300 000 emplois en huit ans et la multiplication par six du poids des exportations du secteur textile. C’est beaucoup. Cela valait la grand-messe du jour.
D’habitude, nos hommes d’affaires du textile nous proposaient cent, deux cent mille emplois. Ces emplois, on ne les a jamais vus dans les quantités annoncées.
La chose qui change cette fois, c’est la taille de l’ambition. C’est d’ailleurs parce que l’ADIH n’a jamais pu tenir ses promesses qu’il faut encore une fois parier sur l’Association des industries d’Haïti. On a tout à gagner et peu à perdre dans l’affaire.
C’est pourquoi cette fois l’Etat haïtien doit s’y mettre. Le gouvernement et le Parlement doivent faire leur part. Les syndicats aussi. Mais surtout les hommes d’affaires du secteur doivent courtiser le pays comme ils savent si bien le faire.
Il faut les voir à Washington négocier pour obtenir des avantages des autorités américaines ; il faut voir comment ils savent si bien faire pour se mettre aux normes des compagnies donneuses d’ordre ; il faut se rappeler combien ils sont aptes à se battre pour être encore des producteurs dans un pays de commerçants pour apprécier l’opiniâtreté du secteur de la sous-traitance textile.
Ce sont toutes ces qualités que les hommes de l’ADIH devront déployer pour avoir dans leur pays de bonnes lois, des centres de formation qui donneront envie, un pays qui n’a plus honte de son premier employeur.
Ils devront aussi changer d’ADN pour grandir sans peine. Apprendre à anticiper et à expliquer au lieu de manœuvrer et garder un profil bas à l’année longue.
Avec la décote de la gourde, la question du salaire minimum va revenir sur le tapis plus tôt que tard. Si la sous-traitance dit bien payer ses employés, elle n’a rien à craindre et ne devra pas se mettre en croix une nouvelle fois au-devant d’une bataille qui ne donne pas bonne réputation. L’ADIH peut même prendre les devants. Indiquer des pistes aux autres secteurs. Etre le moteur au lieu d’être le perpétuel frein des batailles sociales.
Avec la perspective des 300 000 emplois, l’Association doit déjà réclamer de l’Etat, pour les 40 000 employés déjà à l’embauche, de meilleurs services de l’Office national d’assurance-vieillesse (ONA), de l’OFATMA, de l’EDH, des TPTC, de l’APN, de la SONAPI, etc. L’ADIH doit exiger une meilleure utilisation des taxes versées pour que le transport, la sécurité, le logement, la restauration et les loisirs des employés soient pris en compte.
Lors de sa dernière visite au Parc industriel métropolitain de la Sonapi, le président Jovenel Moïse a commis un de ses déplacements pour une photo et deux mots dans la presse. Il est temps qu’il annonce des mesures et des initiatives concrètes pour le secteur textile.
L’ADIH veut créer des emplois, kisa nèg bannann nan ap fè ak sa ??? À quand une caravane pour l’emploi, une pour la formation, une pour l’exportation, une pour la santé… ?
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