Un banquier, Maxime D. Charles, est entré mardi soir dans le panthéon de la finance haïtienne. Maxime D. Charles couronne ainsi une carrière exemplaire, encore en cours, au sein d’une institution au parcours sans faute, la Nova Scotia Bank. Sa banque l’a accompagné depuis le jour de son entrée dans l’entreprise, alors qu’il entamait des études de droit, jusqu’au rachat par la UNIBANK, il y a quelques mois, de cette banque étrangère établie en Haïti. L’homme d’une seule banque a présidé pendant des années l’Association professionnelle des banques, principale affiliation du secteur, et a su se démarquer dans le petit monde de la finance. Avec son choix, la Banque de la République d’Haïti, la Pro Fin et le Group Croissance ont encore eu la main heureuse cette année pour la 7e édition du Sommet international de la finance. Nos cadres, il faut les honorer, et chaque secteur devrait avoir son panthéon. Promouvoir l’excellence n’est pas suffisamment mis de l’avant dans nos institutions, on ne le dira jamais assez. Dans ses propos de circonstance en ce soir de fête, le banquier Maxime D. Charles n’a pu s’empêcher de prodiguer des conseils à l’assistance composée de ses pairs et de ministres du gouvernement Moïse-Lafontant. Il a rappelé que l’épée des sanctions financières est encore suspendue levée au-dessus de la tête du pays et que le couperet peut tomber un jour ou l’autre si nous ne maintenons pas la pression pour laver la réputation d’Haïti et construire un cadre légal et régulateur conséquent. Prenant exemple de connaissances, amis d’Haïti ou Haïtiens, qui ont eu la désagréable surprise de voir leur banque étrangère fermer leur compte et leur renvoyer sous la forme de chèque leur solde ces dernières semaines, Maxime D. Charles a mis devant l’assistance la réalité de ce qui risque d’arriver à tout le système bancaire haïtien si nous ne prenons pas au sérieux les menaces induites par le D. Risking et la pratique du blanchiment des avoirs. Une, deux, trois oranges pourries peuvent pénaliser tous les commerçants haïtiens, tous les receveurs de transferts, tout le pays, si des sanctions sont prises contre le pays. La menace ne relève pas d’un complot contre Haïti, tous les pays du monde sont logés à la même enseigne et tous se battent pour se conformer à des pratiques plus transparentes et plus restrictives pour ne pas être, à l’insu de leur plein gré, la plaque tournante de trafics divers. Haïti doit s’appliquer, mettre ses devoirs au propre et respecter ses engagements. S’il y a des enseignements à tirer du message de Maxime D. Charles mardi soir au Karibe, au moment où il entrait dans le panthéon de la finance haïtienne, ce sont bien ceux-là.